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Full text of "Satyres chrestines de la cuisine papale. Imprimé par C. Badius, 1560. Auec priuilege"

STA^DAFa) BIBLICX3RAPHIC MICROFILM TARGET 



Section 1 Original Mate rlal (as filmed) 



Author( 



s) Viret. Pierre 



Author's date(s) 



Tltle 



Satyres chrestienes de la cuisine papale 



Publlsher, If a book C Badius 



Publication Date(s) va*-r ,-7, 
or perlpd covered **^ '■'^^"'- 



No. of Ivols. ( 1 ) Pages ( 132 ) 



Place 
Edition 



Other ( 



•f Publication GenRV» 



Editer, orTranslator 



Holder bf Original teterlal University of Toronto Library - Rare Eooks Department 
Edltor and Publlsher 6f Microfilm Edition 



Holder bf Master Négative University of Toronto Library. Photocopy UNIT 
Restrictions, if any, or/ 



use 



■h' 



Section 11 Technlcal Microfilm Data 

Producing UboratorvU-«-rr.Uirff^^^- Lavco^ ^e/ .;.tA> t\^,r Date ^SûmuM^ /9 7/ 

Film slje - 35mm ( / ), lônm ( ), Réduction Ratio 14X (•), 20X ( ),Other ( ), 



Image P 



acement - lA ( ), IIA (^), IB ( ), ilB (* ), Dvplex ( ), Duo ( ), 



NOTE thit this form U to be used for books, manuscripts, records, maps, perlodlcals 
and new$papers Interchangeable. 



l: MIC 



A LA: MICROFILM NORIE 



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SATYRES 

@ Chreftienes de lai 

llpcuifine Papale. 










Imprimé par Conrad Dadiiis, 
M. D. L X. 

Auec Priuilege. 





^ni) 






i 
4r j 






i' 



If 



AVX CAPHARS. 



Qui deiiire a nul ne dcsplaire, Nuiii m 

displi- 

l)e nul inuiter se souuiene. çeas, nui 

luin inui 

A vous C;inliars, ne veux complaire : i^" ""- 
le vous iijiuite. Or sus qu'on viene. 
Venez, qijc le poil vous reuiene, 
Tondus, ])elez, ne tardez point. 
Emplir vo'' faut (quoy qu'en aduiene) 
De ce hrciuet chausse Si pourpoint. 



A V LE CT.E va 



S^S^^^E TE puis asseurer, 



Cf>* 









„j^v^i^lectenr, que comme 
^^^en mon aage indiscret 
^Sé-ia Théologie ne fust 
^^}fgma profession, aussi 
dônoy-ie peu d'heures a la lecture des 
Escritures sainctes, tant ie ne prenoye 
naturellement plaisir a la céleste doc- 
trine: & me sèbloit estre assez de croire 
a tastôs, ainsi que dit le prouerbe: «S: 
pour le faict de la foy m'appuyer sur 
le scauoir &. conscience des ignorans & 
abuseurs Caphars: tellepct qu'encores 
que i'eusse ouy parler des poincts qui 
sont auiourd'huy en côtrouerse, ie re- 
fusoye a mon escient de receuoir en 
main les graues & excellens traittez, qui 
demonstrent plus clair que le iour les 
erreurs et abus de ces Papelastres. Mais 
ayant ietté ma veuë sur certaîs escrits 
facétieux, & toutesfois Chrestics, aussi 
tost nostre bon Dieu m'a tant fait son- 



a.ii 



J 



i' 



1' H E r A c !•;. 



der les secrets de sa Parole, que tout in- 
continent i'ay eu horreur de l'abysnie 
où peu au parauant ie m'estoye pré- 
cipité. Et lors me souueint du vers 
d'Horace: Qu'est-ce, dit-il, qui enipes- 
che que c|iluy qui rit ne die vérité? 
Ainsi doné ie suis venu d'vn rien a vn 
tout, comme en riant. Et de faict, il est 
certain que les diuerses accoustuman- 
ces des hoikimes, à les diuerses natures 
font que lai vérité se doit enseigner par 
diuers moyens : de sorte que non seu- 
peut estre receuë par de^ 



lemèt elle 



aussi sous 
facétie. Et 



monslrations & graues authoritez, mais 
la couuerture de quelque 
pour preuue de cela, il m'a 
semblé bo (pe me présenter en exemple 
pour prendre les autres, ainsi que i'ay 
este prins pour estre mené en vne 
tresgracieuiie prison. Or ayant a cest ef- 
fect considéré la source de tout le mal. 



remue tout 
christ le Pa 
cliQlere en 



le mesnage de cest Ante- 
>e, ie me suis rué de droite 
sa cuisine, là où i'ay veu 
ses cuisiniers sous accoustremès de 

simpli- 



V it E V A t. K. y « ^ 

simplicité tt honestete, superbes & 
deshonesles pautoniers : ses vtcsilcs, 
sous couleur de pureté & bône odeur, 
«nas & puans instrumcns : ses vis, viàdes, 
& seruices, sous artificielles douceurs, 
boire & manger abominablemèt veni- 
meux tS: infeis: les frais excessifs, &, 
qui pis est, supportez par gens mise- 
rablemët hebetez, & abrutis. Et lors 
m'est venu en pèsee, qu'ainsi que suy- 
uàt le prouerbe, a bien fonder vne mai- 
son il faut commencer par la cuisine : 
par le cotraire, a la démolir il faut sem- 
blablemèt donner les premiers coups a 
la cuisine. Ce que i'ay tasché de faire 
yci, selon que le Seigneur m'a dôné 
coeur, & preste la main, l'atten sa grâce 
pour de brief mèployer a vaillàment 
ruiner le tout, & cuisine, &. maisô. A la- 
quelle executiô tu at^dras de scauoir 
mô nom, s'il se trouuc que cela serue 
a l'edificatiô de la maison de Dieu. 



a. m. 






\'\ 



'■\ 



\ 



8 A T Y 



DE fc^ 




Caton, Vai 
Toy Apice 



K E PREMIERE. 

C \ r s I NE K iN G E .N E It A I, , 

& (lu bastimcnl d'icellu. 

JkvîAntaleon, et 

r®5, Epiric, 

^^C?,)) Zophon, Mithec, &: 



'■''a. 



Tind 



aric. 



'I sÈiH^lJ^Egesippe, (t Hera- 
mXÉ^iM^ clides, 



Epenet, Zymonactides, 



l'ron, it Coluinelle, 
aiiec ta séquelle, 




Pra\ame aiiecqiies Tailleiienl, 
Et tous aulres qui taillez vent 
En l'art it scauoir culinaire, 
Sortez hort, it jn'en laissez iaire. 
Car vous n auez les poincts ouuers 
Qui touchejit a tout l'vniuers 
En matière de cuisinage. 
l'eu scay vti de mon cousinage, 
Ron garçon, nommé Platina, 
Mais quoy qu'il die, plat il n'a 
Des viandes de Cour de Rome. 
Car ayant \ eu it quoy S: comme 
Il en parle, i'escri, A; di 



Qu'il 



y 



s \ T V 11 F. I. 

Qu'il ne lut oncques si hardi 
D'y mettre le nez tant auanf 
Que i'ay fait derrière &: deuant. 
Car au milieu le cœur luy faut. 
Suppléer ie veux ^on défaut. 
Sus donc, a coup Uume, escritoire. 
Ijccteur, ie t'escrii^y l'histoire. 
L'histoire de la grand'cuisine 
Des voluptez de Melusine, 
En tous ses endroits perfumee, 
Oîi les vents mondains en fumée 
Sont entremeslez de tempeste. 
Pluton tousiours y fait la feste /^ 
De sa mignongne Proserpine, 
Autrement, Papauté la fine. 
;'r ..m Cuisine, où rien n'est anale 
,11 m'c Qui n ait este tarteuele. 

Mais sans reprocher oe qu'il coustc, 
'™"' , De frusalité n'y a goutte 
i„f,„„. Es plats de cauillations. 
Doctes confabniations. 
Propos de ioyeuse prudence 
Sont ennuys a l'outrecuidance 
De ceste cuisine absolue : 
Tant est friande A: dissolue, 






Veleri- 
hus cœ- 
na (lice- 
baliir al) 
soluta, 
in i)ua 
caio & 
p'isois a|i 

lur. 



il.llll. 



s A T Y 11 !•; 



elle est cuisine Attaliqiie, 



Ab Atta 
h i(.g|. 

Ill,1gll;li- 

sunt iiia- 
Knilic;)', 
Allalica 
dicûiur. 



Tant 

Ou plustost cuisine Italique 
Italicj ue ! Pourquoy ? Comment ? 
Cuisîne du Pape autrement: 
Toute plene de grans hazars, 
Où sont conuoquez tous iasars, 
Qui de l'honorer prenent peine, 
ASN^S de la race Africaine: 

di-ie, qui du bon bruuage 

prisé de tout homme sage 
Uncq^ies n eurent soif, ni ne beurcnt,;Xés' 
Entre^ yci pieça receurent, 
Et d'iionneur tant, et si auant 



Ceux, 
Tant 



Alliena;- 
us in (lip 
no. inlL'r 
0|)ipa- 
ras nicn- 
sas Itali- 
oas lecG- 

Sft. 

Apud pa 

slDialcs 

Alrossul 



lIcMOd. 

lib. -1. 



Que c 
Apres 
Lectei 
Ou ne 




lacun de boire est scauçtfit 
le taster du bacon, 
r, ne touche le boucon, 
pense plus de ta vie. 
Comment? que ta bouche asseruie 
Soit a cest'orde infection ? 
Non, ijon : mais pren réfection 
loyeus|îment en cest escrit. 
Boy, njange, et tantost ton esprit 
Conseil; chantera Prouface, 
Apres disner. Vers moy ta face 
Ores VI ay Apollo retourne, 



FA 



Ihiclciirs 
A: henffi 
riez lin 
ftipe sli- 
jienilirz 
jtoKr ca- 
cker la te 
ri(e. 



Vieux rcs 
iiciirs las- 
e liai: s du 
ifitiliiiirfr 

/f.i tltlU» 

Je /ri l'a 

(«IHlf. 



!■ It E >l 1 E H E • 

Et ton œil de faueur me tourne: 

Faisant qu'en ces brouillars ie coule 

Rond rondement comme vne boule. 

Et ma plume finalement 

Vole par tout le firmament 

De siècle en siècles a ta gloire. 

Or ça lecteur, (si tu veux croire 
Vérité) vn beau clair matin 
Quand cest Hebrieu, Grec, &. Latin 
Rendirent en prose <fe en vers 
Les pots aux roses descouuers, 
Et toute la terre en rondeur 
Se resentit de bonne odeur. 
le vey des Brigueurs briquetiers 
Qui çà là couroyent es sentiers 
Pour rassembler brigues it briques 
Et par leurs nouuelles fabriques 
Serroyent tt reqachoyent les roses. 
Voire pour les tenir encloses 
Taschoyent a vieux pots radouber. 
Chacun scait'si le bien dauber 
Fut espargné aux cbicanoux. 
Mais brief, eschaperent de nous, 
Et sans parler au chien qui iappe. 
Sont courus à monsieur le Pape, 



Cliristia 
ni molos 
si laliâl 
aJuei-s' 
liipos 



i 



ii ; 



s' 



M 






. 


V 




A 
) 

ï 




miles. 



fhemi- 
iiccs sont 
IfS clo- 
chers. 



10 



s A T V 11 E 



Le Pape, ou Happe si tu veux, 
11 ne me chaut lequel des deux 
Tant y a que voudrois entendre 
Si ce Monsieur s'en pourroit pendre. 
Et a ceSt efFect me transporte 
Par le plus court, droit a la porte 
(N'en desplaise a ce Vei^erable) 
De sa Cuisine insatiable; 
Ceste cuisine est vne tour 
Bien hajut leuee par vn tour 
De passje, passe: vne tour belle, 
Qui rend splendeur ie ne scay quelle 
D'or, d'prgent, d'airin en peincture. 
De blanc yuoire en couuerture. 
De front marqueté d'esmeraudes. 
Mais qiioy? ce sont abus &. fraudes, 
Et toutes gayes happe-lourdes. 
le m'en rapporte aux Limes-sourdes, 
Et mesme a d'aucuns bons Caphards, 
Si ce ne sont biffes 6c fards 
Sur bois pourris. Le fondement 
Sans chjaux, sans sable, ni ciment 
Est ruineux. Les cheminées 
Nous voyons souuent fulminées 
Par leuifs excessiues hauteurs. 

fiimciix 



t. 



l' Il K M 1 E K E. ' 

fumeux clochers, abstracteurs 
De quinte essence! fols, qui estes 
Tant eslourdis de ces sonnettes, 
Tressaillemens, &. quarrillons! 
caillettes, o coquillons! 
Allez a la Cybele, allez. 
Et vos cymbales triballcz. 
Car comme bien scauez, ces cloches 
Vous font croistre vos espinoches 

Par leurs sons doux comme rosce. 

Sur ces sons i'ay ia composée 

Chanson a vostre chastiement. 
Scauez-vous de ce bastiment 

Qui est premier fabricatfeur? 
.Ou mieux, qui est le vray autheur 

De ces puissans matériaux ? 

Quand des palus inferiaux 

(Apres qu'elle eut beu sa chopine) 
,.,,„„,„- Ma dame, dame Proserpine 
""pj;;;;". Veim au monde acquérir renterre, 
n'enienc Lors par la mer, &. par la terre 

en Himr- i T» 

; >"((«e si-Ysurpa nom de li'apaute, 

le fûmre. j]^ squs fards dc laide beauté 

Se feit clamer la mère Eglise. 

De la vient qu'elle se desguise 



ti 



In sacris 

Cybeles 

niatiis 

deoruni. 

tympaiia 

puisa bâ- 

tui. 



D'vn 



12 



s A T y H E 



Habille- 
mêt de la 
Pupauli'. 



Diacre 
& Sou- 
diacre. 









Parisot, 
cesi adiré 
Badaut. 




Phocas 




empereur 
tres-cru- 
el, le in- 




humain, 
s'il ë fust 
onr, est ce 




Iny qui 
rendit a 




l'euesque 
de Borne 
le titre de 
Euesque 
rnitter- 
sel. 



D'vn béguin, qui trousse a merueilles 
De l'asnk les grandes aureilles, 
D'vn surcot, puis d'vn demiceinct: 
Et puis vous bransle le toxeint, 
Et din dan dan dit la clochette : 
A son ^ol tourne sa cornette, 
Sur soji col met vn grand gaban : 
A son iihapeau pend le ruban. 
Qui dénote qu'on ne si frotte. 
Deux filles de chambre ont la cotte, 
Cotte verte, & les mancherons : 
Et le plus souuent chaperons. 
Ou vn bonnet quarré poinctu 
D'vne recachee vertu 
Sous vn bel & blanc chemisot. 
Le bon le tant bon Parisot 
Fait de tout ceci vn grand cas 
A bon droit. Car iadis Phocas 
Se dict estre cousin germain 
De la dame. Elle porte en main 
Bagues & anneaux, faits en somme 
Pour monstrer le chemin de Rome, 
Siège dç sa desloyaule. 
Les supposts de sa cruauté, 
(Venôs au poinct) faicls incroyables! 

Trente 



f.i'Sr/io- 
blr$ appor 
met ceste 
cuisinedes 
enfers- 
Les fran 
,ois furet 
des premi 
ers qni 
chérirent 
le Pape. 



/. 



P U E M 1 E II E. 13 

Trente mille touS petis diables 

Sous le capitan Fort-espaule 

Apportèrent en noslre Gaule, 

Et depuis en toute l'Europe 

Cest attirai. Comment? En croppe. 

Et d'où? Du manoir infernal. 

C'est cela que dit luuenal. 

Sa cuisine son chacun suit. 

Mais passons outre sans grand bruit 

-Si faut-il qu'vn peu a requoy 

le contemple ce que ie voy 

Sous ces colomnes. quels phàtosmes! 

Sont Atlas, sont geàs, forts hommes. 

Qui l'Eglise, selon l'aduis 

Des sots, assotez & rauis. 

Portent sur leur dos : que si bien 

Tu les vois, cert'ils n'y font rien, \ 

Sinon qu'assez nous représentent 

Tous Cagots, qui tous se contentent. 

Pour tous labeurs, de vie oiseuse. 

A veoir leur trongneTiilieuse 

L'on diroit qu'ils souffrent beaucoup 

Pour l'Eglise. Or a coup, a coup, 

Qui a-il sur ce chapiteau ? 

Deux clefs. Que dit cest escriteau ? 



Saty.3. 
Sequi- 
tur sua 
quêque 
culiDa. 

Sculpti 
sunt Al- 
lâtes qui 
specieni^ 
prœferût 
enitêtiû, 
vl fulci- 
ant aedi- 
ficium, 
ne ruât, 
quum ni 
hil agâ^. 
Taies sût 
qui ma 
gna vidé 
tur prtB 
sta're in 
ecclesia, 
quû otl- 
osi & se- 
gnes vi 
uant, ali 
enis'Iabo 
ribus fiu 
cotes. 



La armoi 
rin le di 
Mise du 
Pape. 



la puis 
sance des 
rirfs du 
l'upe. 



On châle 
Messe en 
enfer, a 
Pasques 
floriet. 
Ténèbres 
se disent 
la sepmai 
ne peneU' 
se. 



14 s A T Y II F. 

IL n'est qve de vivke a son aise. 

QVE CHACVN ME ClfOYE ET SE TAISE. 

De faicti, ma dame Papauté 
A si fort brusquement heurté, 
Et employé ses clefs tortues, 
Que d'enfer portes abbatues 
Voyons a l'œil pour toutes gens 
Receuoii' qui sont diligens 
De suyure ses poltronneries. 
Qu'ainsi soit, aux Pasques flories 
Qu'est-ce qu'ils" appellent enfer? 
ïu vois rompre de Lucifer 
A trois coups les portes ouuertes. 
(Entrez auec vos bràches vertes.) 
Car au pioins ce iour on confesse 
Que dans enfer on chante Messe. 
Dont suyuent tantost les ténèbres 
Parmi des oraisons funèbres. 
Tous petis en fans diahlotons 
Rompent tout: pierres & bastons 
Courent menu. Et la complainte 
S'en chante la sepmaine saincte. 



A gueu 
11 n'y a 



e bee. Pour le moins 
faute de tesmoins. 



Tesmoï$ qui ont yeux, nô pour veoir, 

Qui 



SECONDE. 



la 



Qui ont aureilles, sans pouuoir 
De bien ouir, le cœur non tendre, 
Trop engraissé, pour bien entendre 
Le défaut du dos accourbé : 
Tesmoins a cerueau perturbé 
Auec leurs ventres ocieux. 
Et que disent-ils? que les cifeux 
Pour de l'argent nous sont ouuers. 
Ils les nous vendent les pois vers, 
Et aux gris leurs amis inuitent. 
Ces dépositions euitent 
Gens craignàs Dieu, & pource mesme 
Qu'elles nont raison que Quaresme, 
C'est a dire, maigre, & mal saine, 
Le tout pour farcir leur bedaine. 

SATYRE IL 

nESOnIPTION DV lARDIN DE LA 
Cuisine, & du moye" d'y entrer. 

ASSONS pl^ outre. 

De cosliere 
Est le iardin, le ce- 

mitiere 

Bossu toutes pars de 

naueaux 

Que 




a. 



16 



s A T V II E 



nettoi- 
stiers sont 
a titrée. 

Les pail- 
lardises 
& autres 
enormi- 
tes de la 
prestrait- 
le sont ta- 
xées sons 
les noms 
de diucr' 
ses her- 
bes. 



Que l'on y semé plus nouueaux: 
Clos de murs, de palis, ou busches. 
Es portes sont mises les cruches 
Ascauoir pour les violetes. 
Fleurs d'amours, pômes d'amouretes 
Et la bonne Dame arrouser. 
Il faut $ouuent pigner, touser 
Des m^istres moines la Rheubarbe, 
Et du bouquinant bouc la barbe 
Pour euiter Melancholie. 
Mais quand l'herbe de lalousie 
Monte en haut, lors la Tormentillc 
Par les quarreaux court & frétille, 
Et fait pulluler Baguenaudes. 
Le Millot a faire des gaudes 
Alors prend son auancement. 
11 y crloist assez de Serment, 
La Gruciatc, & Sanguinaire^ 
Et le ïleu ardent d'ordinaire 
Suyt (Je veaux & d'asnes les pas, 
Suyt aiussi comme par compas 
Bec d'pye, & Langue de serpent 
Auec tout ce qui en dépend. 
Et c'est pourquoy l'on voit flourir, 
Commte pour iamais ne mourir, 



SECONDE. 



n 



A merueilles la Romanie. 
'^^^^iZ^Ml^ croist point d'Aigrimonie, 
trS^Encores moins de VAncholie, • 
j^iT^r-fd Parce qu'elle engendre folie, 
7eiZs De Soulci, d'Estrangle-liepard, 
forfaits. j),gg^|.j^^g|g.iQup . ^ nulle part 

Se fait l'Angélique apparoistre. 
La Grace-dieu n'y pouMoit croistre. 
Mais voyci par tout, dans le sable, 
Belles greines de Mort-au diable, 
A qui en veut. De Sauue-vie 
Pas vn grain. Es-tu là grauie 

la meiiie ... 

uxabei Laïs? est-ce toy qui domines 

clitme de r, . i . • 

soie, iadis jJq qq vcrs^er T qui détermines 

gardienne O ■* , i i j. O 

du xardin j)ç ^Q^^^ Bons-chrcstiens desplanter r 

A bas. Il me faut charpenter. 

Tip, tap, arbres défectueux, 

Arbres secs & infructueux, 

Croix sur les chemins espanchees, 

Croix derompues, croix hachées 

Tombez, tombez dessous ma hache. 

le tire, ie brise, i'arrache. 

Le curé crie, & s'escriatit 

Son vicaire vicairiant. 

Que diable faites-vous, dit il? 

b.i. 



18 



SATYRE 



SECONDE. 



49 



Ha, monsieur le docteur subtil, 
Di-ie lors, le voyant en face, 
Qui scaura mieux faire, le face. 
Suyuons diligemment le cas. 
Sans gras plaids, ni grans aduocas 
Le Bapies- Xpres 4'vn giillot les chansons 

me Papisti , 

ï»e le vey d'y entrer les façons 

Qui ne sont de fort bonne mise. 

Voyci le portier en chemise 

Qui chasse les diables cornus, 

Et dit â ces poures corps nuds 

Son gergon. la dés le cliquet, 

le flaire le beau saupiquet 

D'huile, de sel, crachat, pouciere. 

C'est vne saugrenee chère 

Par l'opinion d'Auicenne. 

Mais ce n'est pas pour vie saine 

Que d'\^ne manière si sale 

La bouche & les leures on sale. 

Mais seroit-ce point pour autant 

Qu'ils aiment a boire d'autant. 

Et voudroyent bien ces mal-heureux 

Qu'vn chacun fust aussi prest qu'eux 

D*aller où ils vont, sans le croire, 

A force de manger & boire? 



Auicen- 
na festi- 
nandum 
ait, vt in 
fantium 
corpora 
perluan 
tur aqua 
I quasit 
sai colli 
quatûvt 
occales- 
cat vm- 
bilicusat 
que cu- 
tis, ita ta 
mêvtnoa 
cOtingâ 
tur nares 
& os. 



C.con/ir- 
matxon. 



Première 
tonsure, 
marque 
de la beste 



Compa- 
raison des 
idoles des 
Payent 
Se des Po 
pistes. 



L'abiuration, l'exorcisme 
En lieu de tout le Catéchisme, 
Chargent compères, & commères, 
Voire sans charges trop ameres. 
Car peu d'argent fait la descharge. 
Entrons donc. Place. Large, large: 
Et vous aurez de l'eau bénite 
De la cour du bon Chatemite. 
Et plus n'en dit le déposant. 
Car le temps est qu'en s'opposant 
A toute reformation ' | 

On vient a recresmation , . 
A ces serre-fronts & bandeaux, 
Ou autrement brides a veaux. 
Le tout a salut fort requis. 
Tondre les veaux, & prendre acquits 
Pour la somme de douze sols. 
C'est première marque des fols 
Qui suyuent les cognus mal-heurs 
Des idolâtres. couleurs! 
abominables peinctures, 
Horribles, infâmes sculptures! 
Voyci au vif représentée 
Venus la déesse esuentée 

Au tableau de Conception. 

b.ii. 



20 



SATYRE 

tres^belle déception 

De Co^me & Damian, deux saincts, 

pour infecter les plus sains ! 
Tel fui A Esculape conioinct 
Auec Apolio son adioinct. 

dispost & léger 
Qu'est-^il sinon le messager 
Des dieux, qu'on appelle Mercure? 
Et puis sainct Eloy, qui procure 
lour & nuit a forger des fers, 
C'est Yulcain, du fond des enfers. 
Baptiste est Hercule tout faict, 
Excepté qu'il est plus desfaict. 
le voy sainct Pierre, & ses pieds nus. 
Qui est^s vous? Hà c'est lanus 
Et ses clefs. Mars a la grand'gorge 
Est-ce poît Môseigneur saîct George 
Qui de Ceres l'enflé dragon 
Autrement le Demogorgon 
De saincte Marguerite tue ? 
le voy yne roue abbatue 
A ce co^n, Saincte Catarine, 
De testé, de bras, de poictrine, 
De tout tu ressembles Fortune. 
Et toy Diane, blanche lune, 

N'est- 



SECONDE. 



21 



les So- 

mks rfoi; 
uent dix 
mes (III eu 



l'resires 
n'ont pas 
lou^ioiirs 
leur enfle 



1^ 



N'est-pas Hubert ton Actaeon ? 
Toussaincts vous estes Panthéon 
A ces vieillars antiquateurs. 
Cà, là courent reliquateurs 
Comm'insensez, sans interualles. 
Et tout au trauers des Nouales 
Font reuerence a l'antiquaille. 
Les plus fols ne iettent pas maille, 
Mais des beaux escuts ou ducas. 
Dieu scait lors si frère Lucas 
Désert ioyeux le bénéfice. I 
Brief, tous officiers font office 
Pour tous ces triaculeux saincts. 
par trop dangereux desseins , 
S'ils venoyent tousiours a leur côte 
Si faut-il que ie face vn conte 
Du cousin germain de Villon, 
Tauernier, nommé Trompillon, 
Subtil, caut, & fallacieux. 
L'hyuer estoit froid, glacieux, 
Vn phantosme de neiges fait 
Ce tauernier : k pour l'effect 
De ses désirs, vallet, chambrière 
Enuoye deuant & derrière 
Assembler gens de tous quartiers 

b.iii. 



\ 



Il 



♦ ■ 



32 



SATYRE 



)■« fol 
mène laii 
Ire. 



Pour apporter de leurs mestiers 
A ce bpn marchand les denrées. 
Pellaux chargent robbes fourrées, 
Mercier^ beaux gans, belles mitaines. 
Tous trfiblent les fieures quartaines 
Du bon vouloir qu'ils ont de vendre. 
Mais si tost qu'ils peurent entendre 
Le faict en soy, chacun de rire 
Du bout des dents. Lors le bon sire 
Dit, Or messieurs, puis qu'yci estes 
Venus (je loin, approchez, faites 
Qu'entripz dedans ce refretoire. 
Et que sjans papier n'escritoire 
Baisiez dehait le Babouin. 
Or suisse prins (dit Baudouin) 
l'en y ebuoiray plus de mille. 
L'on y va, l'on y court a file, 
Chacun j- est très-bien receu. 
Nul ne se vante estre deceu, 
Pour pli^s de compagnons auoir. 
Ceux qui sont accorts en scauoir 
Scauent le mieux faire les mines. 
temps ^ temps qui tout détermines. 
Quand reluiront les chauts atomes, 
Oui ces ïieiges, & ces phantosmes 

Fendront 



T K 1 SI E M E. 



23 



Fendront, & fondront en ordure ? 
Las! helas têps quels maux i'endure. 
Attendant de Dieu le secours ! 



SATYRE IIL 

DES OFFICIERS DE I. A 

Cuisine, Sires, & Messires. 

VYVANT de mes 
voyes le cours, 
Courtoisemèt ie pas 
' se & trote. 

^Bàquiers Romanes- 
-^ ques de Rote, 
Tous les gourmets de bénéfices, 
Grans embaleurs de maléfices, ' 
Tous meurtriers de cheuaux de poste. 
Tous bullistes a la composte, 
Gryphons & harpyes de cour 
Des buschers de la basse cour 
Apportent busches es landiers. 
Infinis finets, haut-gourdiers, 
Béguines, Nonnains rebrassees 
Y iettent fagots a brassées. | 
Cordelières, Caymandieres, 

b-iiii. 




Il 

I 

11 



24 



SATYRE 

Conueijses, vrayes viuandieres 
Scauent de la déesse Bonne 
Les secrets mieux que la Sorbonne. 
De là les viuandiers Conuers 
Ameinent chariots couuers, 
Pour emplir les larges marmites. 
Là présent marmitons Hermites, 
Qui les pots brusquement escument. 
Carmes s'escarmouchans, présument 
Qu'ils font bien le faict de souiUars. 
Augustiûs, rustres & gouillars 
Hardis, laborieux, prudens, 
Fressuriers a iouer des dents, 
Quand ils se ruent en pasture. 
Fort bien espluchent la nature 
De ce qu'il faut bouillir ou frire. 
Bordeliers (ha c'est mal escrire) 
Cordeliers, autrement Mineurs, 
Auec lacopins bons beuueurs 
Assemblent oignons & ciboules. 
Aussi rondelets comme boules, 
Estendus comme marroquins. 
Les voyez-vous les gras coquins? 
Qu'a autre chose qu'a pantoufles 



Ne valet 



eurs peaux, & leurs souffles 

Qua 



luueoa 

•Salyr.6 
Nota Bo 
a» sécré- 
ta dea". 



T H 1 S I E M E. 



25 



Qu'a mouuoir l'air a pestilence, 
Quoy que Soit, tousiours font vaillàce 
De rompre andouilles aux genous, 
Mocqueurs de toutes & de tous. 
Près leurs butins, amas, & questes 
Exmpie ^^^^ chatemites faisoyent festes 
tt'-"" Dauoir (tant se disoyent experts) 

chaux a- T • ' ■ 

pmauoiv Laisse poures vestus de per^ 
bribes. En la, garde du bon lesus: ' 
Et que de là estoyeut issus 
A la sauue-garde des Anges, i 
Le faict est, que sortans des granges 
Ils auoyent laissé l'andouillon. 
Et pour auoir meilleur bouillon, 
Des andouilles s'estoyent munis. 
Lncani, ^* qucstains estez-vous bannis 
uîul'mi Par Je Concile ? l'en appelle. 
'pauUrois Tcucz la qucuë de la pesle, 
liiiesqmi Jht préparez vos fricassées. 

Ire ordres - i i • 

desMcn- le voy lai'doires amassées, 
meiUpcriEt leschcfritcs qu'on apporte. 
ZZn, ^"yci trottiers de toute sorte, 

Traine-cousteaux ieunes & vieux. 
Ou traine-gueines pour le mieux. 
En premier lieu les anciens 



It 



\i 



^^ SATYRE 

Bénédictins, Cisterciens, 
Autrement nommez Bernardins, 
Mathurins, mille noirs badins 
Cà & là, derrière & deuant. 
Tant reuerends, tant bas-deuant, 
Sans qu'ils craignent de tout gaster, 
Trauaillent a rost enhaster, 
Monacha|ement sans reproche : 
Et tousiotns quelqu'vn d'eux êbroche 
Ce que l'autre a lardé. Les hastes 
Beaux Nouices a toutes hastes 
BranslentI de mesure, & a poinct. 
Les couri^ux n'arrestent point, 
Vrais picquelardons en secrets : 
Aussi senjient-ils les sucrets 
conueu. *^eans de secrète besongne. 
Iraî'al'de Chartrcux (quàtes bestes i'êpongne.H 
&ot pécheurs, pescheurs (di-ie) helas, 
Jamais a mal faire trop las. 
Mais veux-ie espuiser les retraits 
De ces Reuerends & discrets? 
Veux-ie espuiser telles riuieres ? 
Abbez, Prieurs en leurs louuieres 
Tienent les caues & greniers, 
Vins, gobelets, pains, & paniers. 

Desquels 



les. 



TROISIEME. 27 

Desquels tant viuement se donnent 
Parmi les iouës, qu'ils entonnent 
Haut & clair le Gaudeamus. 

BamiiS es _ • • t» 

torniflcur jg youdrois scauou' SI Kamus 

En porte point la paste au four. 

Non, car il est (passe ligour) 

Maistre aux ars d'escornifleries. 

Curez (mortelles moqueries) 

Es doux sons de leurs chalemeaux, 
. Escorchent tous vifs leurs aigneaux. 

Et les font languir sur la paille. 

Vicaire (farouche canaille) 

Tost après en font boucherie. 

Yci faut que ma boucherie, 

Puis que ie voy tirer farines 

De ces images tant diuines, 1 

Et les morts payer les tributs. 
' Puis après d'ailleurs quels abus, 

Quand ils vendèt terre & tombeaux, 

Et loin & près comme corbeaux 

Cherchent, & suyuent les charognes ?daueia 

Puis ces chanoines, grasses trongnes, 

Espanchez çà là par quantons, 
(on, m 65 Attisent au four cheuantons 
jnô, sijniPour cuire flancs, flanges, flamusses. 

M tn bout 
de tison. 



Vultu- 
i»s &cor 
ui ad ca- 



28 



S A T V R E 



Les seruietes, les auraùîses 
En payent l'amende ordonnée. 
Vn cuisinier a la iournee, 
L'ordoux Girard, scâit bien a quov 
Cela sert, pour auoir de quoy 
Bien chafourrer sa gibbeciere. 
D'vser de crachat, de pouciere. 
De graisse, de cire, & salpestre, 
C'est le mestier de sale prestre. 
Puant, laid, vilein charbonnier, 
Regratier ou estansonnier. 
Qui ne se mouche que du coûte. 
Et quoy (Jue rien, rien ne leur couste, 
Et quoy qu'aussi ils s'entreflatent. 
Voire ainsji qu'asnes s'entregratent, 
Si est-ce ijue marchans de frippe 
le voy coiirir. Se pour la tripe 
L'vn sur loutre pyratiquant, 

corbin«- ^^ *^" ^^ ^'^"'''^ pratiquant 
'^'"[*^^'"'''« Formes de corbi nations. 

le voy en cour les pensions 

Des courrtjtiers a courbes dos, 

Vrais mastins a l'en tour d'vn os, 

Qui grondent a tous sur les marches. 



Euesques, 



Primats, Patriarches, 



Suffra 



Colla- 
mrs, & 
presfnta- 
imn n 
(fdui de 
Il if rs cô- 
tans. 



Proressi- 



TROISIEME. 



39 



Suflfragans, & Offîciaux 
Seruent d'escuyers feriaux 
A présenter les premiers mets 
En processions, mais iamais. 
Que la croix ne marche deuant. 
Ltc confanon est mis au vent. 
Pour defêse aux assauts des mouches. 
Lors brayêt de toutes leurs bouches, 
Presentans a tous leurs viandes. 
Les volatilles plus friandes 
Sont par les Cardinaux portées. 
Toutes délices apportées 
En dernier mets par Courtisanes. 
Garçons sur mulets & sur asnes, 
Ganymedes, pocillateurs, 
Truandeaux, gaupinets, flateurs 
Sont en tous lieux toute heure presls 
A verser de loin & de près, 
Tant sont-ils gentils faucôniers. 
Quoy plus? Nos maistres Sorbôniers 
Aussi luisans qu'vne lanterne, 
Sont au milieu de la tauerne. 
Phirnis vien çà, Mistil va là. 
Regarde bien Taratalla 
Pour le rost a temps reculer. 



Ficta no- 
niina co- 
(|UorLi ex 
veisiculo 
Homeri. 



30 SATYRE 

Garde sur tout de le brusieri, 

Et l'on te puisera vn bain, 

Maeson éloquent & vrbain, 

Pour toy nos feux sont trop ardans. 

Sorbonniers sont Nabuzardans 

Esquels Nabuchodonosor 

A baillé soudarts & thresor 

Pour donner aux bons vn'atteinte. 

Las, que ie suis en trouble & crainte ! 

Ils vont a pied & a cheual, 

Ils courent a mont & aual 

Pour prendre l'Eglise aux passages. 

nos bons maistres & bien sages, 

Notamment pour scauoir par feinte 

Ruiner la Gite tressaincte. 

Pastissiers reuerendissimes. 

Cardinaux eloquentissimes. 

Les gran-gousiers Inquisiteuris 

De la foy, sont conquisiteurs 

De nouuelles tres-diligens: 

Helluons, Ganeons, Sergens, 

Golfarins, Se Ligurions 

Les défendent des horions. 

Raison ? Cejluy qui n'est pas prestre 

Quelque ioiir le pourra bien astre : 

Ou 



TROISIEME. 



31 



Veleies 

diïere 

-Massuna 

elegâtô 

fcvrba- 

nuni co 

quuMi. 



Ou bien ses enfans par la panse 
En auront quelque recompense. 
transport d'esprit ! manie, 
' Qui tels cerneaux ainsi manie 
Et nourrit tant vilenement ! [ 
S'il se trouue quelque Alemant,- 
Ou quelque Bourguignon de France, 
Qui de parler vn peu s'auance. 
Au VENT RV. Côme quoy? S'il dit, 
Quil n'est le premier en crédit, 
En vn mot, qu'il n'est rien du tout. 
Soit qu'il soit assis ou debout, 
Quel bruit? & quel tumulte alors ? 
Il est chassé, chassé dehors, | 
Chassé dehors, ou plustost pris: 
Il est exposé a mespris, 
A ceps, a prisons : puis afin 
Que trop ne se morfonde, en fin 
Est approché du feu si près, 
Qu'il ne faut pas aller après 
Que pour souffler la cendre au vent. 
Voyla la glose du conuent . 
Prinse des recachez secrets 
A faire obseruer les décrets 
De la faculté Trologale, 



32 



s A T Y II K 



Autrement vertu Cardinale. 
Si faut-il que ie me marrisse 
Qu'vn ieune Reuerend nouice 
Veut toute la souppe humer. 
Oncques ne fut trouué amer 
Ce qu'a songé ceste poupée, 
Quoy que) soit, la Prosopopee 
Est seul appuy du Papekge. 
Ils sont tous gens de beau pelage. 
Mais comment sont-ils appelez 
Généralement ? Ras pelez. 
Pelez ils sont, signe apparent 
Que le piche est leur parent. 
D'autant qu'ils n'ont d'hôme de bien 
Vn tout seul poil qui vaille rien. 
mentons tondus, mentons ras! 
Les tma- Entre en cuisine & tu riras 

des sot bar 

h^refires ^^ CCS beaux marmoscts barbus, 
Qui sans parler preschent l'abus 
De ces cynedes esbarbez. 
Mais quoy que soyent ainsi gabbez 
Ces fron^ luisans côme aurichalque. 
Chacun q'eux (pourueu qu'il défalque 
Bons denfers de nos escarcelles) 
Est contebt de plaire aux pucelles, 



Ne piiû 
quidem 
viii bo- 
ni Cice 
rtmisdi- 
cteriuni. 



Et 



TROISIEME. 



33 



Cuisiniers 
couronnes 
fresbytera 
kment. 



d 
l'Iebs 
Cereali- 
bus, Pa- 
tricli 
Megalë- 
sibus mu 
litare, kl 
est mu- 
tila cnui 
uiaagi- 
tare in- 
ter se so- 
lebaiit. 
Gcl.bb. 
2. cap. 
■24. 

e 
Colhii- 
nisinus 
dicilui' 
tbritîtas 
apud La- 
coiïes. 
N'a Co- 
Ihô eial 
poculi 
genus. 



Et nous seruir de facéties. 
Non, non,di-ie, " sont primities, 
Rasé, tondu, que tu consacres 
A Dieu, le recognoy les Sacres 
De vous, Rois, & vos conquestes. 
Les couronnes des iours des festes 
Dieu, & sainct lehan. ' Ioniens 
Ou, comme on dlct, les Indiens 
Ont a tant sot couronnement 
Donné sotart commencement. 
monachale inuention ! 
la belle opération j 

Es testes de ces bons pions ! 
Qui comme vaillans champions, 
Plus boyuent, plus la solfies presse! 
Ces Leontins font douce oppresse 
A leurs hauts godets & calices 
^ Parmi le peuple & les Patrices, 
Es Cereaux & Megalenses. 
Et tant mutilent (o vaillances 
En campagne du Cothonisme) 
Que ie di tout leur fanfarisme, 
Estre par hypotiposie 
La nouuelle acratoposie, 

Puis Alexandre mise sus. 

ci. 



a 

Ouiexe- 
phebis 
escessis- 
sent. de- 
lati Del- 
phos pri 
mirias co 
mteoffe- 
rebant 
Apoliini 

b 
Primi 
lones in > 
côuiuiis 
corona- 
rû te vn- 
guêli cô- 
suetudi- 
nem inue 
nere, ma 
xima lu- 
xurias ir- 
ritamen- 
.ta. Ab In 
dis post- 
ea vsur- 
patum 
osl, vt ad 
coDuiuia 
corona- 
ti accé- 
dèrent. 
Romani 
deinde 
coronas 
inter po- 
cula V- 
surpa- 
runt. 
c 
Semper 
Leontini 
iuxta 
pocula. 



34 



s A T V B E 



Prœtei- 
gymnica 
certami- 
na abA- 
lexâdro 
proposi- 
ta, etiam 
acrato- 
posiae. id 
est, mera 
ci potus 
certaine 
fuit insti 
tutû. In 
eo pri- 
mas oc- 
ru panti 
talêtuni 
fuit pra» 
mium: 
secudas, 
triginta 
minx de 
cem ter- 
tias: id- 
que quû 
Caianus 
Indus se- 
se viuus 
cremaret 

b 
In Grae- 
corum 
cûuiuiis 
lex ea ob 
tinet, 
Aut bi- 
be, aut 
abi. 

c 
Tareiiti- 
nisinue- 
terati 
moris 
fuit Dia- 
tutinis se 
IMCulis 
ita inui- 
tare, vt 
iam fre- 
quétiore 
foro te- 
mulcti vi 
derëtur. 



A la vendange ' Indois. Or sus 
Indois Alexandrocolaces, 
Et vous Dionysocolaces, 
Syracusains, galins galois, 
Afin d'auoir meilleures voix 
Beuuez comme sèches terraces. 
Et puis a belles patarraces, 
En vos religieux conuiues. 
Vos comniiessations chetiues 
Soyent sans règle & gubernateur, 
Sinon qu'vn Modiperateur 
Die a chacun, '' Va t'en, ou boy. 
Voyci le poinct, voyci la loy 
Pourquoy ainsi que " Tarentins 
Se leuent souples les matins 
Pour boire, ' & côme gens Libyques, 
De voix tremblantes, & lubriques 
Hurlent au milieu de leurs temples, 
Apres neantmoins que les amples 
OEnophoifes ont' esgoutez. 
Ceux qui là les ont escoutez 
Quand tout est dit, qu'ont ils appris ? 
Cependant marchans qu'ont ils pris? 
Tout ce qu'on donne aux reliquaires 
Est aux morts, ou a leurs vicaires. 

Car 



d 
Libyci 
moris 
fuit in 

teraplis 
vlulare. 
Porro 
apud il- 
los rei 
diuinîe 
causa am 
pliuslar 
giusque 
se iuuita 
re nefas 
credeba 
tur, & 
post sa- 
crifici» 
ebni lie- 
bant. 
Herod. 

e 
luxta 
illud, 
Sanctus 
Domi- 
nicussit 
nobis 
semper 
amicus, 
Cui cani 
mus no- 
stro iugi 
ter prae- 
conia ro 

StD, 

De cor- 
dis venis 
siccatis 
ante la- 
genis. 



TROISIEME. 



35 



Confrai- 
ric appe- 
lée la fa- 
mllé, 
Paris. 



On n'rse 
iamais' 
du sutcre 
de la Pa- 
role de 
Dieu en 
cisie cui- 
sine. 



la parole 
de Dieu 
dontera 
la cholere 
presbyte- 
raie. 



Car il ne fut onc tels marchans 
Pour scauoir par ville &. aux champs 
Arrière-boutiques dresser. 1 

Si tu veux a eux l'adresser, ; 
Cuideras que leurs meschaos draps 
Soyent bons & fins. Quàd tu voudras 
Taster le guay de leurs mestiers, 
iTs vendent tout temps volontiers, 
\^ire sans liurer marchandise. 
Ceux qui sont chats de friandise 
Ne poisent les frais qui s'enuolent. 
De là les dets & cartes volent 
En la faculté de Paris. | 

D'ailleurs les viuans qui par ris 
Prenent a soûlas le bon temps, 
Sont tous ioyeux, sont tous contens, 
Mais que succre on ne leur présente. 
Succre leur est poison présente, 
Succre, parole deriuant 
De la douceur du Dieu viuant: 
Succre qui de sa douceur donte 
La cholere qui les surmonte, 
D'autàt plus qu'ils sont cholériques. 

Yoyci nouuelles rhétoriques, 
lusques aux plus petis vicaires 



i 

I 



C.ll. 



36 



SATYRE 



Caphars sont bons apoticaires 
Sans succre, & tous bons cuisiniers. 
Mais qui lies fait bons ? Bons deniers, 
Bon pain, bon vin, & bonne mine, 
Qui le monde bigot affine. 
estomachs fastigieux ! 
ventres tres-ingenieux 
A trouuernouuelles délices, 
A lescher plats, liumer calices. 
Pour abbreauer les consciences ! 
C'est pourquoy ces Biè-pris-en-pàses 
Auant qu'appetis soyent ouuers. 
Sans cesse!, a tors, & a trauers 
En tous, par tous les elemens 
Cherchent les meilleurs alimens 
Pour satisfaire a ce gosier. 
le scay grand chose en vn chosier. 
C'est tout vn de toute despense 
Pour contenter ceste grand panse. 
Grand panse Heliogabalique. 
^ln mot aussi vray qu'Angélique. 
docteurs Qyg] J^Q^ p Pour cela bien venus 

croie: sou '* 

m" Sont a Rome, & bien retenus 

rf'e'pi'ir™ Messieurs nos maistres les doubteurs. 



Gustus 
elemêta 
per ora- 
nia quSD- 
runt. 

Illi est 
in solo 
viuendi 
causa 
palato. 



Car quand ils seront inuenteurs 



■«■!*! 



Do nou- 



T R OI-S 1 E M E. 37 

De nouueaux brouets, on rira. 
Et tantost chacun leur dira, | 
Ces brouets sont par vous broyez, 
Mangez-les. Au reste, croyez 
Que iusqu'a tant qu'vn autre tente 
D'en auoir vn qui mieux contente, 
Seulets viurez de vos humeurs, 
Poures misérables humeurs, 
Qui tant souuent laschez la prise 
Au lieu mesme où vous l'auez prise. 
Mais yci deux choses me seichent. 
Que ces cuisiniers leurs doigts leichêt 
Et de ce que tout d'vne fois 
Us ne se mangent tous les doigts, 
le parle a vous disputateurs. 
Vous du Pape les palpateurs, 
Où sont vos anciens cerneaux? 
N'estes vous pas ou cerfs, ou veaux. 
Ou serfs &. veaux, qui vilement 
Seruez si volontairement 
Messieurs les escureurs d'église? 
Mais de grille. Si ie deuise 
Auec eux, maugre leur bricole 
le leur apprendray tour de rôle, 
Tour de cuisine, tour de broche. 

c.iii. 



Roma- 
na vir- 
tusqiiù 
abiit? 



L'autheur 
secholere 
epeinedc 
perdre ses 
peines. 



La deuise 

GAS- 

TER, 

c'est a di- 
re, vitre. 



38 SATYRE 

Approchez poltrons d'Antioche, 
Captifs esprits, lourdaux, testas, 
Quoy que vous soyez long-vestus 
Et munis de diuerses armes, 
lacopins, Cordeliers & Carmes, 
Et tous vous autres d'autres noms, 
Si n'estes vous en vos prénoms 
Autrement appelez que Sires, 
Ou si le voulez, que Messires, 
Messires lehans: & vos bagages 
Ne sont vrayement que les gages 
De mort après mortelle vie. 
Où suis-ie ame ? qui t'a rauie ? 
Reuien a moy. Parler conuient 
Du reste.! Assez il me souuient. 
Que cagots ont pour Dieu, Foy, Loy 
Vn Satan leur Pape & leur Roy, 
Et ce mot G AS TER, pour deuise. 
Puis la couleur, qui les diuise 
C'est blanc, noir, tanné, pers, & vers. 
Et gris, qui est le plus peruers, 
Fauorisé du capuchon. 
Fanfreluche & sa Baudichon 
Cognoissent biè qui biê s'accoustre. 
Quant a ceux qui passent plus outre. 

Et por- 



Belles al- 
légories. 



T II I S I E M E. 



Et portent magnifiques titres. 
Ils ne sont coquins ni belistres, 
Ains ont des biens iusqu'a creuer. 
Ces biens les font dormir, resuer 
Par voracité, & fréquente 
Repletion, qui les tourmente. 
Sous gabans, surplis, & roquets, 
beaux & rouges Perroquets ! 
Voire mais le temps est passé 
Qu'a l'ombre d'vn verre cassé 
On faisoit dandiner le monde. 
belle science &. profonde ! 
L'aube & le surpli blanc dénote 
Vie sans macule & sans note. 
La mitre des deux parts cornue. 
Science certaine absolue 
Du vieil & nouueau Testamens. 
Les gands, des sacrez Sacremens 
Syncere administration. 
La crosse, saine attraction 
Des brebis a vraye pasture. 
La croix, les liures, l'Escriture, 
Des humaines affections, 
Âuecques les afflictions. 
Les aduenemens signifient. 



c.iiu 



39 



1 


1 


k ' 



40 SATYRE 

Voyla où Caphars se coafient 
Par belles contemplations. 
Mais au tStre des" Actions 
Renuoyenfc les Institutaires. 

Reuesiiai Voyla pourquoy Reuestiaires 
Sont de ces robbes assortis. 
Soyent au surplus tous aduertis, 
Que pour estre plus redoutable, 
Le Pape ha '' des amis de table, 
Qui trouuent en cuisine bon 
Le salé, ijiesme le iambon, 
Et, quoy iju'Horace ' die en vers, 
Ils ont gousts nullement diuers, 
Mais bien sont-ils de deux manières. 

Les gros Premiers estendars & bannières 

mamji'itt 

lespriis. S'appuyer^t au dessus des grosses. 
Des pieça qu'on appelle. Crosses. 
Dont pour le bien public bondissêt. 
Et par le pays s'esbaudissent 
Ces poures clabaudeurs de vesses, 
Ou si tu 1 aimes mieux, de Messes, 
Chapelains, aumosniers crotez, 
Fesseurs de BENEDICITE Z. 



Car quoy 



Il faut bii;n du mal soustenir. 



que soit pour paruenir, 



Allusio 
ailtilu- 
lum De 
aclioni- 
bus.lih. 
Iristitu- 
tionum 
lurisCi- 
uilis 
i|uarto. 
.S'ara re 
veiaisli 
contem- 
plantes 
nihil a- 
gunl, 

b 
Amici 
Thala- 
mi. 

c 
lima. 
Très nii- 
hi conui 
uae.&ca?. 



Toul 



r^ 



TROISIEME. 41 

Tout est a vendre sans nul si 
Tant ils ont courageux souci 
De bransler leurs dents affamées. 
Polyphagies diffamées | 

Vous nous vendez des haligornes! 
le scay que du Pape les cornes 
/Croissent par tels saturions. 
Vrayment sont les Centurions 
Pour l'exercice de leur guerre. 
Or ça gentil homme sans terre, 
Ami de Dieu, comme tu dis, 
Ceste cuisine est Paradis 
Pour toy en toute liberté. 
Ha, que le brouet esuenté 
Et la nideur de ce pourpris 
Te tient lié, garroté, pris ! 
Est-il possible qu'homme puisse 
A ceste table vser sa cuisse, 
Pour se voir tant de fois trompé? 
Celuy qui est en cœur frappé 
Y(,„rr,s De l'espoir de soupper a part, 
[:Zf Attend qu'on luy face la part 
De quelque beau rable de Heure, 
Ou quelque fois de qilelqae bieure, 
Cuisse ou aile de gelinette, 



nf/icps 



Salurio 
apud 
l'iaut.in 
Persa, 
parasit' 
est per 
âtiphra- 
sim, eo_ 
(|uùd nu 
quain sa 
tur sit. 



...^ 



*2 s A T Y n E 

Et songe qu'vne godinette 
Desia le îert de pain blanchi, 
Et puis de bon vin refreschi 
Sous le bon vouloir de ses dents. 
Messieurs les Superintendens 
Qui cachei d'abus l'inuentaire, 
l-.es Concordats qui vous font taire 
Vous font grand outrage endurer, 
l'enten bien que c'est pour durer. 
Et auoif 1^ part au gasteau. 
Vous estes prests, ne bien ne beau 
De vous exposer a risée. 
Barbe rase &: teste rasée, 
Comme to is autres Trupelus, 
Souffrirez fencor Goguelus 
Lamar Que grassëment a vn besoin 

que de ki " \ 

Du seau l'on vous marque le groin, 
Et irez ainsi faire sauts. 
dignes c^'estre commensaux 
Et amis db tels Pape-dieux! 
Dignes d'entre veus en tels deux, 
Et d'estre repeus de tels mets! 
Près de ce Pape ie vous mets 
Cardinaux, comme du Tyran 
Estoit ce ffrand Cyrenean 

Arislip 



besle. 



T 11 1 S I E M E. 



43 



l'ti car 
dinal 
tkasse 
l'autre 
par chari 
te Cardi- 
nale. 
Poures 
tourtisas 
desarron- 



Pres- 
(heurs 
& esrri- 
uains en 
Papima- 



Id est, de 

jrossfs 

kstcs> 



Aristippe, ou bien Euripide 

De palper, & flater cupide î 

Près du grand roy de Macedône. 

Et pourquoy ? d'autant que l'vn dône 

Ce que l'autre prend volontiers, 

Mais le pis est, qu'auant le tiers 

De tous les désirs acheué, , 

11 faut iouer au cul leué. 

le temps ! o Morgue la fée 

Qui t'a ainsi mal descoifée ? 

champignons desracinez. 

Que vous estes tantost fenez I 

Amis de la table seconde. 

Amis flateurs de tout le monde 

Sont Gelasins, & souls-de rire, 

Altérez, affamez. Sire, i 

Combien y a-il d'elephans, ' 

Qui ainsi que petis enfans 

Tant & tant, & tousiours papisent. 

Et tant & tant ce Pape prisent 

En toute leur gastrologie. 

S'ensuyt, que par anagogie 

Us font vn merueilleux deuoir 

Pour la grâce du Pape auoir 

Par leurs predicacatioiis. 



Arislip 
pus assô 
tator Di 
OBjsio Si 
culoiEu 
ripides 
Arche- 
lao Ma 
cedoiiQ 
régi. 



Papissa- 
re,est lu 
fantium 
more pa 
trem ap 
pellare. 

Raslro- 
logia est 
de ven- 
Iris rati- 
one dis- 
pulalio. 



ii 



SATYRE 



Mais ces parasitations 

Helas! hplas! sont trop cognues 

Pour paijstre de vesses de grues 

Ceux qui ouurent la bouche grande 

Pour manger meilleure viande, 

Et non point leur drogue esuentee. 

besace par trop rentee 

Sur les contes de la Cigongne! 

A Dieu yous di la rouge trongne 

sticot,di S^ VOUS û'auez meilleurs appuis. 

m'ânique' Sticot desia fait le pertuis, 

yci mise TJ \ i i 

paraiiu- rav OU sespanchcrout vos bribes. 
Vous Pharisiens & vous Scribes 
Qui ne pensez que de la panse, '' {- 
Il ne faut plus qu'on se dispense, 
Il faut que solennellement 
On marcV le pas d'AlIemant. 
Or sus do|oc marche là laquet 

f"»S;- ^*^"^*^*' ^^ q"i le caquet 
Auec cest Intérim radote. 
Et vous Monsieur de l'Antidote, 
Mis auant par ce vieil routier, 
Qui porte nom d'Esprit Rolier. 
viande d'apoticquaires ! 
diuins bouchons a clysteres ! 

Qui 



Cœnalii 



Rolier 



Spiiitus 
R uté- 
rus. 



.!: ^ 



TROISIEME. 



45 



Frère Le 
ger Bon- 
temfs- 



Lépreux 

Antoine 

Catelan. 

irlus 
Désiré- 



GuiUot le 
Porcher. 

Frère Pi- 
erre Doré 
Mcolas 
Gamier, 
Martinet 



^rerc lo- 

achim Pe- 

non. 

Soilrc 

maislre 

Maillard 



Qui veut cornets a fine espice 

Frisez a barbe d'escreuice. 

Aille droict au moine Bon-temps : 

S'il n'aime mieux le passe-temps 

Du preux Catelan Fripelipes, 

Gràd docteur, gràd macheur de tripes 

Et puis ce badin Deschiré 

De ses semblables désiré. 

Digne pour mieux le resiouir, 

Du vray priuilege iouir 

De ceux la qui passent par tovt. 

Nommez les fols iusques au bout. 

Et toy Guillot, & tes. pourceaux, 

Ef toy asne adoré des veaux. 

Colin Garguille, ou bien Garnier, 

Martinet, valeur d'vn denier. 

Vous passerez tous, c'en est fait : 

Et si en aurez coups de louët 

Pour mieux mériter Paradis. 

Et puis vous docteurs de iadis, 

Sus, venez qu'on vous meine paistre. 

Monsieur Perion nostre maistre, 

Monsieur le grand docteur Raillard, 

Autrement le bougre Maillard: 

Monsieur le singe PASSAVANT 



46 



SATYRE 



Antoine 

Calelan, 

depuis 

desguisé 

Antoine 

du Val. 



Gardiner 

Chaneeli 

er' dAn- 

glelerie, 

horrible 

monstre- 



Asne detriere, asne deuant, 
. Autrement Antoine du Val, 
Grand asne faisant du cheual. 
Il faut bien dire, o piteux cas! 
Qu'il y a faute d'aduocas 
Pour telle cause maintenir, 
Quand il faut pour la soustenir, 
Que des Asnes la Kyrielle 
Portent le fais de la querelle. 
preux & vaillans Achilles, 
Hola, ho François Hercules, 
Voyez vous ces Monstres d'abus. 
Ces gros "VENTRVS, ces choux cabus ? 
Il n'est plus temps de se iouër: 
Mais le tpmps est qu'il faut rouer 
La masse pour les ruer bas. 
Ores faut iouer de rabats, 
Car c'est par trop trop badiner. 
Apres ta mort, o Gardiner, 
Tes laquais & tes estafiers 
Furent Papistiquemenl fiers. 
Quand fejirent bruire l'Angleterre. 
Mais plufj n'y a en ceste terre 
De transsubstantiation, 
Vrayment l'infîciation 

De 



Liurc de 
' Gardiner 
fiour la 
defehsp de 
la mn^e< 



Elisatielh 
roinc 
d'An- 
gleterre, 
a remis 
sm la 
rraye 
doctrine- 



QUATRIEME. 

He la table de Vérité 

Te bailla toute authorite. 

Et bouche en cour, iusques a dire. 

Bouche que veux tu? D'en mesdire 

Ne permettoit lehan de INiuelle. 

Maintenant la Roine nouuelle 

Fait marcher droict toute escreuice. 

SATYRE IIII. 



DES SOVILLARS ET VTEN- 

siles de la Cuisine- 



47 



Il faut 
tcimmfn- 
ter par les , 
retraits, ,- „ 
comme '3) 
par le lieu f^{ 
deperfe- 
tlion- 

Conuëts 



isipiECTEVR escoute 



iyCes Conuents du 




monde retraits, 
XvMSont de ce manoir 



^les retraits, 



Et cuuier a buer les lingres i 
De ces singesses & ces singea 
Abominablement puans. 
Regarde de puis trois cens ans 
Quelles vieilles sempiterneuses, 
En leurs cloaques vénéneuses, 
Font buée a ces Vénérables. 



18 



s A T y Ft E 



Lcsciue 
Papale- 
Orgueil 
&luxure 
buâdicres 
princi- 
pales- 



Yurôyne- 
rie & _ 

gourma a 
dise bail- 
lent les 
eaux- 



Bage & 
Tyrannie 
tordent 
Icbalêl. 



Ruse d 
finesse es- 
tendel & 
destendct 



Chicqua- 
nerie plie 



Regarde (choses misérables!) 
De messieurs les Pharisiens, 
Qui ne sont tous Parisiens, 
La forte & ferme hypocrisie^: 
D'Achat) l'auare frénésie 
A vsurper la propre vigne 
De Naboth, qui luy est voisine. 
Regardé ce chapeau doré 
Qui vejit de tous estre adoré, 
L'orgudil d'Aman, & la luxure. 
Soit en Euesché ou en Cure, 
Vuident, & de façon lasciue 
Espanchent en bas la lesciue. 
L'yurongnerie de ces prestres, 
Et gourmandise de ces traistres, 
Auecqi^es leurs vomissemens, 
Fournissent a tous lauemens. 
Rages & fureurs trescruelles, 
Auec tyrannie, sont celles 
Qui les fardeaux tordent & bâtent. 
Ruse (Si[ finesse s'entrebatent 
A qui mieux tendra les drapeaux, 
Qui seruent d'amuser les veaux. 
Et puis pour fournir la partie 
Voyci venir Chicquanerie 



Oras-bu- 



liraduei 



Chariot 

delà 

cviiinc. 



Ckare- 
lons 



QVATRIBME. i9 

Qui ployé toute la lesciue. | 
Ores, Lecteur, que,ie n'estriue: 
Si tu n'es plein de morfondure. 
Sens-tu point la puante ordure 
De ces retraits, & gras-buez? 
le pensois dire graduez. 
Plus a propos, quand ie m'auise. 
11 est temps qu'auec toy deuise 
De ce qu'ores me semble bon, 
Des vtils, du bois, du charbon 
De ceste belle hostellerie. 
Le chariot Hoquelerie j 

Est tiré au trauers des champs 
Par miliers de muUets fraschans 
L'estroit chemin de Vérité. 
Des mullets la postérité, 
Baudets, asnes, & asnetons 
Sont portefaix &. charetons, 
Baissans mollement les aureilles. 
le vien aux choses nompareilles 
Qui font rost fumer, trotter pots : 
Note bien, lecteur, mes propos. 

Il y a vn obscur boscage, 
Creux bourbier, profond marescage. 

Voudrois-tu son propre nom lire ? 

di. 



50 SATYRE 

Bonneitient ne le peux escrire, 

Mais a^sez ie le te charbonne. 

■ 

Tu m'ehtens desia, C'est Sorbonne, 
/?™^'f' C'est le taillis, où ce bois coupent 

Badaux François, afin qu'ils souppèt : 
Et puii pour trinquer a gogots. 
Charbon. Font cfiarbons de menus Ergots, 
Taillis, bois, & charbon ensemble. 
Et qu'eist-ce cela? que t'en semble? 
'. C'est erreur (dis-tu) &. mensonges. 
A ce qi|ie ie voy, tu ne songes, 
Ou prognostiques des comètes. 
dangereuses allumetes 
Aux Chrestiens çà là espanchez ! 
le voy çà là des desbauchez, 
Soufletirs Soufle-Bourdes, ii Soufle-estrilles 
Soufle-chandelles, Soufle-grilles, 
Soufle-cialice a la gorriere, 
Soufle deuant, soufle derrière, 
SoufletS d'orgues & instrumens. 
Tous c^s soufles, & souflemens 
Exhalenlt le musc de latrines. 
Ce soni, vents de fausses doctrines, 
Qui pétillent dessous les busches 
Des fallaces, ruses, embusches. 

Confiscations 



Vleia'les 
demisine 



Vases & 
ferrewh 
delà 
\Iessr. 



V A T R I E M E. ■ 51 

Confiscations aux preud'homs. 
Puis ces preud'homs crient, Gardôs, 
(Tesmoins & iuges corrompus) 
Que nos desseints ne soyèt rompus. 
Et que le butin nous eschappe. 
Chacun de nous le sien attrappe. 
Pour toutes resolutions 
Bruslons, bruslons par millions. 
Gros, enflez de l'esprit du monde ! 
vaisseaux du Démon immonde 
Ou sont vos raisons, & vos sens, 
Quand tenaillez les innocens? 
Mais il me prend deuotion 
De faire yci description j 
De quels vtils, Caramarats 
Vsent leans. Les chats, les ras 
Dents & babines y aguisent. 
Toutes les eaux qu'es puits se puisèt 
Ne les pourroyent rendre lauez. 
Car quant aux instruments grauez. 
Aux vases pour manger & cuire, 
Quoy qu'en dehors semblent reluire 
Si tienent-ils de l'origine 
De ceste puante Cuisine, 
Sentans ses fards <fe ses ordures 

d.ii. 



S2 SATYRE 

Quàl aux drapeaux, tapis, brodures. 
Ils rîsemblent roses flaitries. 
Le monde plein d'idolâtries 
Y a espanché ses sagesses. 
Tout premièrement les largesses 
Des henoisliers & guipillons 
Entre les mains de ces Vidons 
Sont espanchees aux moustiers 
Auec leurs pilons vrais mortiers, 
Qui lousiours me sentent les aulx. 
Fy l(îs vilains, fy les maraux, 
Enclianteurs^ & demoniacles. 
Non, non, vos charmes, vos triades 
M'aulsent que l'on les blasonnc^ 
De ce mot, qui par tout resonne: 
Qu'a tels pots sont telles cuilliers. 
D'aulres engins trois bons milliers 
le puis conter tout d'vne tire. 
Les {;ràd's croix, c'est de quoy l'ô tire 
Pour accrocher poures grenouilles. 
Petit(;s croix estoyent quenouilles 
Des Fées, maintenant leans 
Seru^nt de broches aux geans. 
Les f^ns gras, pleins d'eaux reposées 
Ce soint chaudières composées 

Du 



Q V AT R 1 E M E. ' 53 

Du tèps qu'on n'y prenoit pas garde. 

Puis tu verras (dont Dieu nous garde) 

Des sepulchres les beaux lardiers. 

Et puis vois-tu ces gros pilliers? 

Sont les chenets de la cuisine. 

Lampes & cierges pour la mine, 

A belles cordes suspendues. 

Sont les crémaillères pendues. 

Et bon gré, maugré bonnets ronds. 

Grosses cloches sont chauderons, 

Dessus dessous mis a l'enuers, 

Qui bouillent tousiours descouuers. 

Les lauabos, & les cortines, 

Laue-torche mains, plats, platines, 

Les mirelorets, menus plis 

De ces menu-froncez surplis, 

Lourds deuàtiers. Nappes sôt nappes 

Pour ceux qui sont vestus de chappes. 

Et Messels, tailloirs. Candélabres, 

Chandeliers. Les autels & marbres 

Sont tables. Chair, pain, & gasteaux 

Là se taillent de deux cousteaux, 

De deux cousteaux en vne gueine. 

ladis quand en la mal-estreine 

Proserpine son nom changea 

(l.iii. 



54 



s A T V R E 



Cestadire 
du prince 
de l'air. 



yiciix rc 
gisires. 



Vilellii 
patina 

|U\U 110- 

tabllis. 



En iPapauté, & se chargea 

De trois couronnes haut-cornues, 

Auît chalans descendus des nues 

Ces cousteaux bailla trescruelle: 

L'vu est la tranchante alemelle 

De fniserable oppression: 

L'autre de persécution, 

Et le glaiue trop chaud tranchant: 

La gueine c'est du bon marchand 

De peau d'anguille lescritoire. 

Ou bien l'iniuste quaquetoire 

De Bacchus, & de meint Satyre, 

Qui tout le monde a soy attire. 

Corporaux y sont a monceaux 

Pou^ y essuyer les museaux. 

Bref, tels fatras sont tant espes, 

Que L'Olla, patella, tripes 

N'enI scauroyèt d'vn iour tant nôhrer. 

l'en îïy dict, pour m'en desgombrer 

Jusqu'aux ferremens a rosties. 

Boites auec les Sacristies 

Sont les assortis rasteliers 

De ces lehan-pillots hostcliers, 

Qui cuident leur cuisine belle 

De la Vitelline vaisselle, 

Esquelles 



n V A T R 1 E M E . 



35 



Simples 
fnipin. 



.iiixrer 
liietiT & 
docics 



Esquelles les infections 
Des Romaines affections 
Par pourceaux grassoyans de ioye ' 
Sont portées dessous la soye. 
Tesmoins les gros gras grognements, 
le voy, ie voy les ornements. 
Ornements escleriastiques, 
Ciels, lits, 6c toiles fantastiques, 
Que filent poures aragnees. 
femmes, o filles mal nées ! 
Par le moyen de vos ouurages 
Petites mouches sans courages 
En ces filets tienent arrests. 
Rompez Tauans, rompez ces rets. 
Et fuyez ces vileins rideaux, 
Qui couurent dix mille bordeaux, 
Ou chacun Missotier repose. 
Mémento. Paix-là, il compose 
Charmes, pour le monde endormir. 
Il dort, il se prend a gémir. 
Toussez femmes enrumees. 



d.iiii. 



f 



i) 



Cyinbah' 
!< labour 
sont li's 
f/of/ii'.v. 




.l«(<'/s, 
labiés, 
iieriifs 
& ekoH' 
dellesen 
plein III i• 
li^,ensl■i- 
qnesdii 
Royaiiriie 
âe ténè- 
bres. 



l,a\uibo,u\i 
lauemens 
de ma'is. 



56 

SATYRE V. 

Iian([iiet ;ia|jat . 

^f V'est-ce là? Portes 
A^sont fermées. 
Tabours, cymba- 
les de sonner. 
<^^ Monsieur le Pape 
~ veut disner 

Autec les amis de son ventre. 

L'vn deçà, l'autre delà entre. 

Et soudain bancs k escabelles 

Sont publiez. Payez gabelles. 

Desia sont sur les autels beaux. 

Et belles tables, les flambeaux 

De cire vierge. mancipez, 

A la mort, vous anticipez 

Eli beau plein iour, nuit tant obscure 

Qiiel est tout vostre soin & cure 

En ce ténébreux territoire? 

La parole de Dieu notoire 

Ne vous esclaire. Desuoyez 

Fendez cest obscur, k voyez 

Ce Soleil. Or sus. Lauabo. 

De l'eau, de l'ean, maistre Dabo. 



Courtoisie 
Sorbones- 
qitr. 



Dii nia- 
rini foe- 
cîidi nu- 
raerosâ 
pjok" \\\\ 
bent, 3- 
pud Poe 
tas. 
(1 
Pastoios 
ouibuï 
sak'ni 
obiicio- 
liant, M 
salaciu- 
lesred- 
deiêtur. 
riiiUi-. 
(le caus. 
nalural. 
probl :l 



SATYRE V. ■ 5'ï 

Non Monsieur, vous irez deuant. 
Mais vous. Monsieur le plus scauant: 
Voire mais si c'estoit a prendre, 
3laudit qui se feroit attendre 
Et puis Messieurs ces deslauez 
Nous preschent qu^ sommes lauez 
Par sale k salé lauement. 
Ibis " a donné le comment 
De salubre purgation, 
Aux prestres de la nation 
De l'Egypte, en ceci suyuis 
Par ces Caphars a mon auis. 
Mais ils n'ont suyui leur conseil 
A ne manger iamais' de sel, 
Pour mieux cbastete conseruer. 
C'est grand plaisir d'ainsi resuer 
A ces dieux marins, .ttfecons. 
Voyla pourquoy sont si façons 
Quand ils chantent le m vndabor, 
S'ils crient Icdealbaboh, 
H me semble veoir ' sel espandre 
Sur brebis, afin de les rendre 
Plus salaces k prolifiques. 
Passons iusqu'aux autres traffiques. 
le me fasche des pauemens 



Purgati- 

oneni, 

que Ibis 

vtitur 

salsugi- 

iiem ad- 

liibens, 

aduerle- 

runt AE 

gyplii, 

apud 
qiios sa- 
cerdotes 
nulla 
aqua lu- 
stiaiitur 
pi'ius, 
quàm in- 
de hause 
ril Ibis 
Plutar. 
de indu, 
animali. 

b 
A salis V 
su absti- 
nebant 
AEgypti 
orum sa- 
cerdotes, 
adeo vt 
non sal- 
so pane 
vesceren 
tur, id- 
que vt I 
caslitatê 
inolTêsâ 
facilius 
seruarêt, 
quîT sal 
libidinê 
excilare 
dicatur. 
Plutar. 
in Sym- 
posio. 



il 



'1 



i i 



Lepaue- 
menl des 
temples, 
c'esl a di- 
re.de cesic 
cuisine, est 
relent. 
Belle ap- 
probation 
de la sain 
ctete Ca- 
phardine- 



l.abenedi 
ction des 
Papistes, 
aussi bien 
dicte qnê 
tendue'. 



I.ePain 

Bc le rin . 



58 s A T V R F. 

Dé ces eaux, & arrousemens 

Mdites, relents, dont ces tondus 

Communément sont morfondus, 

Baueux, morueux, poussis, tousseux, 

Aussi seniblabiement tous ceux 

Qdi sont amoureux de leurs toux. 

A table, a table, chantez tous 

Benedicite, Dominus. 

Tantost nous irons dormir nuds 

Ai^ lict de fornication. 

C'^st la sanctification 

Des plats, des seruiçes, & mets 

Qup vous dressez, o vrais gourmets. 

Et vrays gourmans a gorge forte ! 

bon Dieu ! qu'est-ce que iapporte ? 

Pain blàc, paî mollet, pain bourgois. 

Vin blanc, claret. Latin, Gregois. 

Et 

De 



Règles de 
chancelle 
rie, voloit 
tes du Pn 
pe. 



Décrets. 

Décréta 

les. 

Sextes. 

démenti 



! 



de\ 



puis de tel pain telle souppe: 
tel vin aussi telle couppe. 
Voyci arriuer l'asnerie, 
Des règles de chancellerie. 
Et putes volontez mentales, 
Décrets, aussi les Decretales, 
Le$ Clémentines sanctions. 
Et telles prédications: 



— •*>, 



Tout 



C I N V 1 E M E. 



59 



Us pier- 
rfspres- 
chenl Us 
abus 



(tiladi 

rt.lrFape 

imintf- 

nmt pour 

tmlpota- 

lelesacri 

l^cede 

pain & 

rferin. 

Il n y en 

a point. 



Tout pain paistri au fôds des songes 
De ce songeart, pain de mensonges, 
Vin punais, vin defaussete, 
Quoy que soit hyuer & este 
Doux a la bouche, & langue d'home, 
Pasquillus est tousiours a Rome, 
Qui presche sous nom de folie. 
Le peuple volontiers follie 
Murmurant de ce pain pessime, 
De ce vin aussi nequissime, 
Pain & vin de peruersite. 
De là vient toute aduersite 
Selon des bons le tesmoignage. 
Bien scait iouer son personnage 
Ce Sac-a pain, ce Broc-a vin. 
Et qui sera le Poicteuin, 
Ou Poëte a vin qui le son 
Par vne céleste leçon, 
Du pur froment séparera? 
Et qui aussi tempérera 
Ce vin d'eau? prudent Staphile! 
Ce sera la truye qui file. 
Si ie suis sur ce fait deuin. 
Le premier seruice diuin 
Cloches &. matines commencent. 



['rouer. 
cap.23. 
Ne desi 
(ieres de 
cibisei ' 
in quo 
panis est 
mêdacii. 
Prou. 20 
Suauis 
est homi 
ni panis 
mcdacii 
& postea 
implebi 
tur os 
eius cal- 
cule. 
Eccle.31 
Inne- 
(|uissi- 
mo pane 
Imurniu 
rabit 
ciuitas, 
& testi 
monium 
nequiti- 
cE illius 
verum 
est. 



Staphi- 

lusSile- 

ni filius 

primus 

aquam 

vino 

iniscuit 

Plin. 

Iib.7. 

cap 56 . 



Philip- 
pes roy de 
France 
XU.or 
dôna tes 
Décimes, 
qui furet 
appelées 
Saladi- 



60 SATYRE 

Et primes en toussant s'auancent 
De préparer la souppe grasse. 
Taritost par vne mesme trace 
L'INTROIBO marche, inuenté 
De Celestin pour vérité, 
Le f;out aux desgoustez salades 
Poiirce que ceux qui sont malades, 
Ou le cuident estre, sont dignes 
D'vne, deux, trois, neuf saladines. 
Et pour les vertes cymagrees 
Re^euoir telles vinaigrées. 
Abricots, prunes de Damas 
Soiit les subtils, & longs amas 
Des mots incognus aux simplets. 
Reuerences, genoux soupplets, 
Inclinabo, mains iointes, bras 
Estendus, croisez de rebras, 
Tourner deçà, courir d^là. 
Regarder bas, haut, çà & là. 
Gronder, souspirer, se frapper, 
Doiinir, siffler, en fin gripper, 
Boire a deux mains, baiser la pierre, 
Faire l'enseigne de la guerre, 
Voyla leurs brouëts, & leurs sausses 
Dô^ ils scauèt fourrer leurs chausses. 

Fo) 



Celesti- 
nus Pa- 
pa Et in- 
truibo, 
Misse 
addidil. 



es 



C 1 N Q V 1 E M E. 61 

Foyes de veaux, pouUets au grun, 
(Quant est de moy, ce mest tout vn, 
Di-les si tu veux carbonades. 
Ou mieux autrement Sorbonades) ^ 
Sont les piteux & longs attraicts 
Qu'on voit attirer a longs traicts 
Le preud'hom messife Gringoire 
A l'aueu du Pape Grégoire. 
ALLELVIAS, ELEIZONS, 
Sont aloyaux de venaisons ^ 
Entre deux plats chauds enchâssez. 
Comme a cors & cris pourchassez. 
Pour seruir a Sardanapale. 
Ede, bibe, la mort est pasle, ' '' 

Ce disent ces frères Gribouilles. 
AGIOS, H I IVI A S, sôt andouilles, 
Saussisses, ceruelats, boudins, 
Hastereaux & salmigondins. 
Fressures, hachis, saupiquets. 
Sont Exorcismes, bourriquets, 
Adiurations, sortilèges 
A ceux qui suyuent leurs collèges. 
Puis vne botte de grans Messes, 
Me représentent pets, & vesses. 
Pois & gesses (di-ie) & me semblent 



62 



K 



">\ 



SATYRE 



Qu'a lentille <fc lupins ressemblent 
Ciiicts a la fumée &. gastez. 
Chants fricassez sont forthastez, 

toutes autres choses-faites, 
Sok febues frites pour les festes. 
LvrnousOger, et Montauban, 
Et des saincts tout l'arriereban, 

moins ce que tu n'entens pas. 

il nous faut a ce repas 

mot d'epistre ou d'euangile. 

fait chacun est plus agile 
Quand les reciprocations 
Des 
Par 



Au 
Cair 
Vn 
Ce 



leurs douces fleutes se meuuent, ,^?£; 
s aiguillons le cœur esmeuuent, 



De 
De 



orgues A bacchations 



Oui de- 
haccha- 



Tel 

ïe^moin le tresdiscret iVIarfoire. 
Ou bien si tu veux Telesphoire, 
Autcques sou grand GLORIA, 
Car la vesselle gloire y a, 
Au moins là oîi reluit la croix. 
De là vient le goust de la noix 
Pour l'approche de l'ofFertoire. 
Cela sert d'estuuee noire, 
jrouet doré, de naueaux, 
ôoyurade, de choux nouueaux, 



tur lu- 
bisiu 
Oiony 
siis. 



Ciuels 



y 



C I N Q V I E M E. C3 

Ciuets, pourrets, k hoschepets. 
A table, o supposts non suspects. 
Humez souppes, tastez bouillis: . 
Despenses seruans de coulis 
Aux enfans, qui de temps, k d'aage, 
Ont dispenses pour mariage. 
Et pour bastars légitimer. 
Despenses de beurre escumer. 
De manger des œufs, du fourmage. 
Despenses de faire charnage, 
Au moins aux chats, &. aux malades. 
Despenses de grands accolades 
A deux, trois, quatre Venefîces. 
Despenses a tous maléfices. 
Comme quoy? de fenune taster: 
Despenses, brief pour tout gaster, 

Despenses d'absolutions. 

De grâces & d'exemptions, 

Despenses ie di non dispenses. 

3Ia raison est, que si tu penses 

Combien vaut ainsi dispenser, - 

Tu diras que c'est despenser 

Argent de badaudes façons. 

Quoy que soit, ce sont les leçons 

De ces corbinantes mesgnies: 



U: 



I 



i 



64 SATYRE 

Eaux propres a leurs compagnies: 

Eaux qui ne seruenttju'a ternir 

De vérité le souuenir: 

Eaux de Salmax effeminanles, 

Troubles, quoy qu'elles soyêt courà- 

Eaux^ qui pour toutes actiôs (tes. 

Apportent malédictions 

A toiUes poures brebis haires. 

Et piiis voyci ces Breuiaires, 

Et vi^ux bouquins de haute graisse, 

A foison, tant qu'ils se font presse 

Pour repaistre ces chats pelez. 

Patenostres, & chapelets, 

Sont saffran, canelle, & espices, 

Miraculeusement propices 

A d(^nner au potage goust. 

Est-ce tout? Non. Voyci l'esgoust 

De tant de feries & festes. 

Les UàESTA-QVAESVMVsdesbestes, 

Les tridaines, & les chansons. 

Tant DOREMVS, & d'oraisons, 

Tant de Kyrielles, complainctes. 

Suffrages aux saincts & aux sainctes, 

Tant d'œuures, & tant daclions. 

Par iupererogations, 

Dont 



C 1 N V I K M F. . 



Phintlile 
de Ijrnpfi- 
m. 



65 



Dont Messire lehan fait estappe. 
Sont brouets passez par la rappe, 
Brouets georgets fort bien rangez, 
Gahmafrees, blanc-mangez, i 
Haricots près de la cuisson ! 
Des oyes a la trahison. 
Des fades neffles du fat monde. 
Place toutes gens a la ronde, 
le vous apporte. Quoy? Les rosts. 
Basez, cassez sous les garrots 
Cognoissent par demonstratiues 
Que les longues expectatiues. 
Et belles coadiutories 
Sont moelles de ieunes thories 
Ramiers, pigeons, leuraux, lapins. 
Mais que disent happe-lopins 
En cuisine? Que le banquet 
Excellent, illustre, frisquet. 
Est estimé, quand l'on se range 
A son appétit, & qu'on mange 
Aussi bien deçà que delà. | 
Puis encor après tout cela 
A la desserte l'on apporte 
Encore mieux en toute sorte. 
Mais quàd on n ha pour loul polagc 

ci. 



1 



)i 



I 



66 SATYRE 

Que d'vne viande, on enrage. 
Quoy que soit il en faut chercher, 
Encores qu'on vende bien cher 
Sans raisons & sans iugemens, 
Des reserues les instrumens. 
Mais le faict des retentions 
De tous fruits pour les pensions 
Passent ligour ioyeusement. 
Vacoans en cour courtoisement 
Sont a ces courtisans frippons 
Poulies, poulsins, & gras chappons, 
Et toutes bestes domestiques. 
Mai's les saunages, & rustiques, 
Plôgeôs, perdrix, perdreaux, phaisàs, 
Sont aux reuerends bien-faisans, 
Recommandations, commandes. 
Supplications, & demandes. 
Nominations & bazars 
De ses crottez maistres es arts 
Tienent lieu de hautes ferines 
Appijiuoisees aux farines 
Des poures Benedicitez. 
Ëstats, offices, dignitez 
Par la science des quoquasses. 
Sot cânars, butors, &: becass^. 



£t 



Co«rub(- 



Basiaiih 
iaitor- 
lons esl ou 



Chiru 
nou.T. 



C 1 N VI E M E. 67 

Et menuise de tout sentier. 
C'est le bœuf' rosti tout entier 
Pour triumphe a l'Impériale, 
Ou bien a la' Seruiliale, 
Façon de soupper ' populaire. 
Les sueurs d'vn gris scapulaire 
Sôt-ce pas sausses rousselines? 
Les'' ambubaies, les godines 
Sous les vœus de ces bons chalans 
Du célibat tant bien parlans, 
Y font plats de popons, concombres, 
D'oliues, & citrons sans nombres. 
Leur menu deuis, sausse douce. 
C'est sausse, que qui ne les pousse, 
lamais ne vont, trescordiale. 
Froide, bastarde, géniale. 
Chacun le voit, &. c'est vn beau 
Seruice, que longe de veau: 
Ho cest vn porteur d'escritoire. 
Referendes du consistoire, 
Cauteles, harpinations, I 
Brouillemens, inuolutions, 
Procès d'officialite | 

Sont torteaux de grand qualité 
De broc'en boucque a màger chaux. 



.1» 
e.ii. 



In coo- 
ptatione 
Impera- 
toris bos 
JDteger 
tostus da 
batur po 
pulo ad 
ixtitiam 
& triû- 
phum. 

b 
Seruili- 
us Bo- 
maDOrû 
primus 
apru in- 
tegruni 
messe ap 
posuisse 
feilur. 

c 
Cœna 
popula- 
ris sum- 
ptuosa, 
opipara, 
quseex- 
hibetur 
populo 
adma- 
gnificc- 
tiam. 

d 
Ambuba 
iœ.Syri- 
is sût mu 
lieresli- 
bicines. 



.intietn-s 
ou .4u/(- 
(ihoncs. 



68 



SATYRE 



Et puis Baudets, vos artichaux 
Les dieux-vous-gards des courtisas. 
Pourete, froid, faim d'artisans 
Sont lardons des rosis glorieux. 
PanS éi coqs d'Inde harieux, 
Cigdignes, lierons, lieronneaux. 
Gras oisqns, tendres oisonneaux, 
Soni Euescliez. Archeueschez, 
Grauis paslez de chair de péchez. 
Et pour bien entendre le charme, 
Antjenes sont les vers de Charme 
Syrâcusan, qui a tous mets 
Se jnechantent. le te promets, 
Amî lecteur, que les harangues 
De ces Cagots sont belles langues. 
Langues (ie di) de rats salées. 
Leurs' raisons tant bien embalees. 
Sont pieds de porc a l'endormie 
Qui se compose de mommie. 
Et lï dit-on sausse d'enfer 
Pour tous les plus froids eschaulFer. 
Et Dieu scait comme on y aualle. 
Mai^i le secret de la cabale, 
C'est d'accointer la grand'Simonne. 
Et ([uel rost prouient de l'aumône 



Chai- 

imis Sv- 

lacusius 

vtscribit 

Alhen*- 

iis, in -in 

gula 

iiuae ap- 

poneri'ii 

liir. ver 

siculuï. 

ac para'- 

rniaspii 

inuscon 

l'innauil 



Des 



\ 



iridll's 
mrteshu 
hilam 
iks vil 



C 1 > y V I E M E. 

Des testamens? doris |$c annales? 
Et pourueu que Siniône flattes 
Quoy que soit, tu auras de quoy. 
Grand chère Balatrons. Pourquoy? 
Pour ce que tant vaut le pillage. 
Grondez-vous mastins de village!' 
Imposts, collectes ii gabelles 
Sont mis sur vous comme rebelles 
Pour tenir lieu de plats volages. 

ElJmujrs £j ^^j^ j,gj,j j^i^ yOS effoUagCS, 

' Citadins, sont belles oranges 
Pour manger (o choses estranges!) 
Vos corps tout morts a vn besoin. 
LjCeluy qui premier eut le soin 
D'en manger, pensez quel plaisir 
Il eut. C'est-là tout le désir 
De ces charopiers, si vn coup 
y En ont tasté. Passons a coup 
[ Ailleurs, pour rire, i.Vc gorge rendre. 
\ Et où? au Traisné par la cendre, 
\^]hose bien digne de scauoir. 
Mais bouche d: nez clos faut auoir, 
A ce que ceste punaisie 
iNe nous monte en la fantaisie 
Par les trippes de nos cerneaux. 



69 



e.iii. 



Ilalatri)- 
iiesgiilo 
si & i>ôi- 
dili vo- 
caiilur. 



luueii-2. 
Qui pri- 
inus moi' 
deie ca- 
(iaiicr 
Susli- 
nuit, 
nihil vil 
quâ hac 
carne li- 
bentius 
odil. 
Nfi scele 
10 in tan 
tii.Jcca'. 



il 



• I 



I 

î 



70 SATYRE 

Lecteur, sont des brides a veaux, 

Aliâ[s, aux asnes chardons. 

Quoy? Indulgences, & pardons: 

Chardons, pardons prodigieux. 

Monstres & mets contagieux 

Tournez a ceste gourmandise: 

Ceux qui tienent de conardise, 

En passeront en purgatoire. 

Par le feu qu'ils disèt trotoire, 

Ainsi que celuy de" Sicile, 

A ce feu c'est chose facile 

De rostir les âmes de ceux 

Qui sont à seront paresseux 

D'en màger, voire des racines 

Cuiotes de ce feu es fascines 

Et bois de satisfaction, 

PouÉ" par recidiue action 

A là grand'mode '' elephantine 

'Colfhoniser iusqu'a l'angine. 

Mais si les bons peinctres sont creus, 

Plusieurs qui en ce feu sont veus. 

Portent barbes. Delà ie di 

Que ce feu-la est refroidi, 

Et ])lus ne peut viandes cuire. 

Mais cependant si faut-il dire 



Ignis In 

Sicilia. 

teste 

Guil.Pa 

rislensi.s 

git in a- 

nimas.uâ 

corpora 

Qon lae- 

dens.ani 

mas pro 

pinquaD 

tium in- 

tolerabi 

lileicru 

ciat. 

h 
.i. Quaii 
tuiiiele- 
phaDtus 
ebi bé- 
ret. 

r 
Cothoni 
sare, est 
lai'gius 
bibeie. 



Que 



.Mhro- 

fofhages, 

r.Pme- 

mimrs, 

kmeur- 

Iriers rfps 

jidfles . 

Iheopha- 
jM,c>s( a 
Are, Ko 
jrfifur. 

lepreslrc 

Imil'.. 

iSiou- 

iiarres 

mltscuy 

>rj Iran 

tim.qui 

onlfarl 

iugas- 



C I N Q V I E M E. H 

Que les os des saincts trespassez. 
Sont reliquats froissez, quassez, 
Dôt la moelle est bône au mesnaare. 
misérable badinage? 
Tesmoîs les instrumès sainct Claude. 
Cuilliers,'siflets, simplesse, fraude. 
Sont les instrumens de la chasse. 
Belzebub, voyla seure chasse 
A prendre mousches au passage. 
Ha monde, quand seras tu sage ! 
Quant est de moy, certes ie tremble 
De voir ces trois choses ensemble, 
Chrestiens bouillis, roustis, treinez 
lusques aux cendres. N'estre naiz 
Mieux vous vaudroit, Anthropopha 
Pis il y a, Theophages, (ges. 

Que pour vostre dernier renfort 
Vous mangez dieu come vn refort. 
Place, voyci le mauuais riche. 
Prodigue a soy, aux poures chiche, 
Iusqu'a espargner les miettes. 
Toutesfois si ami vous estes 
Môsieur l'escuyer, bien & beau 
Vous en tasterez vn morceau. 
gracieux allechement! 

Vv. e.iiii. 



Beelze- 

bub,idn 

lu, (|ua- 

sl domi 

riuDiinu 

snaruni 

dicas. 



UicEuâ 

gelicus 

llledi- 

uesepii 

iatur 

splendi- 

dè, mo\ 

descen- 

surus ad 

iiifejos. 



Sollesmi 
nés de 
leuxi: 
celles qui 
regaraël 
re passe- 
temps. 



72 SATYRE 

le plaisant esbatement, 
De veoir ainsi ce grand Gallifre 
Danser aux orgues & au pifre, 
Et puis en fin ietter sa patte 
Dessus ce poure dieu de paste: 
Faire dix mille tours d'escrime: 
Parler a luy en prose, en rithme, 
lusqu'a tant que l'heure le presse 
De le crocquer, & de vistesse 
S'en donner au trauers des dents, 
Hors mis ce qui tombe dedans 
Le calice a la souppe au vin. 
Voyla pas vn banquet diuin 
Pour les viuans & trespassez? 
Voyla pas pour soûler assez 
Auecques tresprecieux mets, 
Tous ceux qui n'en tastent iamais? 
dieu tresdigne qu'on le mange, 
Qui de son mangeard ne se vange ! 
le mal-heureux, qui t'oublie 
leljian blanc, tresprecieuse oublie, 
PaSstrie de fine farine! 
Regarde o mordant, ta Corine 
De mea culpa tormentee, 

C4la te sert de fromentee, 

D'aucnal, 



Usdieux 
fourris 
le ter- 
miilui. 



C 1 N V 1 E M E. 73 

D'auenat, de millet, de ris. 
!\Iais garde les morceaux pourris. 
Qu'on peut appeler par honneur 
Proprement le droit du veneur, 
Ou bien le droit du Cuisinier. 
Mais a qui se doit on fier? 
Quoyq ces morceaux rien ne vaillêt. 
Ces cuisiniers a nul n'en baillent. 
Vray est, qu'aux Pasques humblemêt 
Ils font assez petitement 
Deuoir de donner l'appétit 
De deuorer le dieu petit, | 
Mais il faut que ce soit sans boire, 
l'en escriray mon auis. voire. 
En lieu d'vne telle "sportule, 
Vne veruecine spatule, 
le le peux dire, en soupper droit, 
En toutes sortes mieux vaudroit, 
Encor'en plat' Démocratique. 
Mais quoy? Par couuerte practique 
De seul pain le peuple nourrissent. 
Ou tuent plustost & meurtrissent. 
Et ce notamment le Dimanche. 
Bras séculier, ou plustost manche, 
le meshahi a quoy il tient 



Cœna 
reclae- 
rat.quû 
adeaiu 
inuitati 
omiies 
eisdeni 
epulis 
cuinrege 
conuluii 
vteban- 
lur.oiu- 
niaque 
eiâloiii- • 
nibuscû 
inunla- 
Haac 
laudat 
Suetoni- 
us.Vnde 
cœniE re- 
«lae oppo 
nitur 
spotlu- 
la.quum 
cœaae lo 
co sexlâ- 
tes.aut 
(|uadrâ- 
tes dabâ 
lur.Mar. 
Promis- 
sa çst nn 
bis spor 
tula, 
recta da- 
ta est. 
6 
Adnola- 
tumin 
Graecis 
authoi'i- 
bus.De- 
inocrali- 
camraê-' 
sam vo- 
cari.quœ 
sutnptu 
modico 
plures a 
lal.vtA- 
theniêsis 
Cimcais 
mensa. 



y 

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fliu 




HPi 




W H 



Plusieurs- 
empoison 
nez daiis 
le paink 
h vin de 
la Messe, 
came les 
histoires 
le lesinoi- 
qnent 
La Papau 
le i- il de 
Vesses, 
anlrcmët 
de }fesse. 



Serijiiis 
papeail- 
iouslal'.l 
qnus dei a 
la Messe. 
après 
f/u'on s'est 
jilene}n7'l 
mocquè 
du sacri- 
fice vni- 
qucde 
lesus 
Chrisi. 



74 s A T V It R 

Que tu ne scais, qu'il appartient 
Ainsi traitter les chiens, & chienes. 
Le but des opinions inienes, 
C'est qu'il faudroit paistre de raues 
Ces graues Rabis ainsi braues 
Qui teur leurs traiteaux Satrapiques 
En suyuàt tousiours leurs prattiques 
Boyuent du meilleur a foison. 
Cependant gare la poison. 
Voyla le doux-amer venin 
Qui fait viure maistre gonin, 
Et tous ses supposts en sa terre 
Lect|eur, si tu te veux enquerre 
De la desserte, & des frutailles 
Qu'apportent dix mille marmailles 
Aux Sybarites, pleins cophins 
De figues, pruneaux, les plus fins 
Entendront que c'est le dessert, 
Que Sereins nous dit, qu'il sert, 
Quàd son grand AGNVS il deschàte. 
Tant que pour dragée alleschante 
A la fin la crapule eschappe. 
Quand Messire lehan porte chappe 
La A esse a faite, & Messe dite. 

le nî veux vser de redite, 

Messe 



.l/nis 11- 
leins (1 
choses ri 
kincs. 



C I N Q V I E M E. 

Messe, vesse, si tu as sens, 
C'est tout vn, ils ont mesme sens. 
l'ay tant trau aillé que i'en sue. 
En deux mots acheuons l'issue. 
Sexte, Nonnes, Vespres, Complies, 
Sont belles corbeilles remplies 
D'asnet, & d'asnis pour la couche. 
Incidentalement ie touche 
Vn poinct, qu'a chacun mets & plat 
3Ioresques debout, & de plat 
Y fait la folastre mesgnie. 
Dieu gard de mal la compagnie. 
Voyci les nuicts de Noël, nau. 
Saint lehan s'endort au trefïonau, 
La feste au fols ha tousiours lieu, 
Tesmoin la belle feste dieu, 
Dieu entre deux fers chaux formé. 
Et puis par vn souffle charmé. 
Aussi tost soufflé comme vn verre. 
Voyla comme dieu vient sur terre 
Pour estre auallé rustrement, 
Ou serré bien estroictement 
Dans l'armoire a Messire lehan. 
Voire pour n'en bouger de l'an 
lusques a la saison des roses. 



75 



Ainsi ces 
mange- 
dieux se 
mocquent 
delà 
vraye re- 
pentante 
Chresti- 
enne- 



76 SA T Y n E 

Adonc armoires sont descloses. 

Et le prisonnier ha loisir 

De prendre vn matin son plaisir. 

Mais le poure dieu estourdi 

Et de sa prison engourdi, 

Ne va a pied ni a chenal. 

Aihs de peur qu'il se face mal, 

Vn bel ASNE a deux pieds choisi, 

Porte monsieur le dieu moisi. 

la belle procession! 

tresriche deuotion 

Des aueugles en beau plein iour 

Alors que chacun a son tour 

Portant sa torche, monstre bien 

Qu'en plein midi il ne voit rien. 

Maiis quoy? c'est raison que ce dieu. 

Qui a este forgé au feu 

Ne soit sans feu. Et de là vient 

Que par feu aussi se maintient. 

qu'il est doux & gracieux! 

Il n'est point de ces harnieux, 

Qui ne font que picquer & poindre, 

Et voudroyèt volontiers côtraindre 

A croire que Dieu damnera 

Quiconque ne s'amendera. 



SIXIEME. T7 

Il endure tout ce bon dieu. 
Il va, il demeure en vn lieu. 
Quand on veut il monte & deuale. 
On sen ioue tant qu'on l'auale. 
Bref, ce n'est rien que patience 
De son faict. belle science 
Pour estre sauné a son aise 
Mangeant son dieu, ne luy desplaise! 
Mais en fin, docteur tres-subtil, 
Ce doux dieu que deuiendra-il? 
Il faut bien qu'il demeure au ventre. 
Ou sorte par ailleurs qu'il n'entre. 
Paradis doncques en etïect 
Sera le ventre ou le retraicl. 

SATYRE VI. 

A V T R E B A N V E T PAPA h I) E 

l'iMiitciice papale & autres menus seiuices. 

EPASSERAYAV 

fanfarisnie. 
Au banquet peni- 

tentissime 
Des mets que i'ay 

veus séparez, 

Auecques beaux oignons parez. 

Cas 







\ >\ 



Caresme 
entrant. 



Les i>ni>,'- 
stesoubli- 
ml a Cii- 
resine-prc 
tmitt 

hommes. 



78 SA T Y R E 

Cas merueilleux! grand cas! qu'ainsi 
Toute ioye tourne en souci 
Pourueu que sa soupe on varie. 
Cognois-tu l'homme qu'on charie 
Autc trois fallots sur la teste, 
A qui tout le monde fait feste? 
Monde hebeté, mode abbruti. 
Qui par le bouilli ou rosti 
Penses mériter plus que douze 
Poiir aller iusqu'en paradouse. 
iéusne fort bien commencé 
Quand on s'est si bien auancé 
De creuer, que de six sepmaines 
Ne defaudront les panses pleines! 
grimace bien résolue, 
trongne de bec de morue. 
Monsieur le penitenciaire, 
Maistre queux en l'art culinaire, 
]N'(*nbliez pas de dire en somme, 
SoUuiene-toy que tu es homme. 
Car au iour d'hier, a la feste 
Sainct Pansart, chacun se feit beste. 
Et vous des premiers ce dit-on. 
bel & gracieux dicton! 
Quand monsieur le veau se prosterne 
Deiiant l'adoubeur de lanterne 



Fourqiioy 

mrache 

tesima- 

Camme. 



ffusiif f on 
Infaicls ■ 



SIXIEME. 79 

Qui luy creue les yeux de cendre. 
Afin de rien veoir ni entendre. 
Et puis, o grande pénitence! 
bonne & blanche conscience! 
Quand on craint iusques aux images. 
Et faut leur cacher les visages 
De peur que les aueugles mesme 
Ne voyent les fols de Caresme. 
Et voyla pourquoy a l'instant 
Pour les faire rire d'autant. 
Il faut desployer ces drapeaux. 
Autrement ces brides a veaux. 
Il n'est cherté que d'huile & cresme. 
Durant le sainct temps de Caresme. 
quatrë-temps! o Vendredis! 
Vigiles! Samedis! 
qu'elle est maigre l'ordonnance 
De la culinaire abondance, 
Et des Papelastres seriyces, 
leusnes aux barbes d'escreuices. 
Secourez-moy, le cœur me faut, 
A bien sauter reculer faut. 
Comme l'on dit communément. 
Ainsi vn coustumier gourmant 
Quand il veut boire a plene teste. 



80 



SATYRE 



leusne la veille de la feste, 

En attendant le mardi-gras. 

Les interdits, & les aggrafs 

Sont des tortues précieuses 

Aux gueules superstitieuses, 

Pourueu qu'ils soyent sophistiquez. 

Que (si pour peu sont pratticquez, 

Mortel apprest! Mais par prudence 

Anathemes courent en dance, 

Et puis entrelacez ergots 

De ces caphars, sont escargots. 

Beurre frais, fourmages fondus 

Sont LIBER A Z, les mots perdus 

Des Irespassez: De profundis 

(Enten lecteur, mes profonds dits) 

Sont condimens,"& estuuees. 

Es RE Q VIENS sont retrouuees 

Les carpes de douce riuiere. 

PLACEBOS de triste matière, 

Eaux benistes, VI L A Z AR V M S 

Auecques mille ELEIZONS 

Et FIDELIVMS gringotez. 

Les Bone ïesu deschantez, 

Sonlj cresson, & houblon. Response, 

C'est le respon que l'on enfonce 



Pour 



SIXIEME. 



81 



Bf ceux 
9 



Pour les morts en temps importun. 
les anguilles de Melun, 
Tmt Quideuant que4a mort les touche, 
''milTL Ont si belle peur de la touche 
Zp^-'^ Qu'ils n'en font que hurler & braire ! 
l'av grand'pitie de vostr'affaire 
Qui criez sans qu'on vous escorche. 
Anguilles qu'on prend a la torche, 
Bouillantes a la galantine, 
Ou plustost a la serpentine. 
C'est tout vn, presens, ou absens. 
perfums, nideurs, & encens! 
toutes fumigations. 
Portez-vous les purgations 
Des péchez deuant Dieu là bas? 
Là bas encensiers, & cabats 
S'en vont, caphars. Vostre Pluton 
S'en repaist ioyeux, ce dit-on. 
Ainsi que de vos sales mines, 
le sen les sausses Salamines 
De laiustification. | 

Est-il vray que salualion 
• Dépend de nos faits charitables? 
sots, qui vous rendez comptables 

A la rigueur ! mère sotte 

f.i. 



M 



H 



82 s A T V ri r. 

Qui s'arresle ainsi a la qiiotte 
De ses fantastiques biens-faicts 
Deumt Dieu, qui hors & infects 
En t^ute rigueur les repute. 
Le Seigneur par grâce suppute 
Tout au proufit du receueur. 
Trop est glorieux le resueur, 
Et téjts les supererogans 
Sont ingratement arrogans, 
Aueij; leurs v^n]des mal cuites. 
Mais lès mérites, sont des truites 
A ces veaux perés confesseurs. 
A ce propos, ces grimaceurs. 
Sous espoir d'amende à de multe, 
Font en cuisine grand tumulte, 
Si quelqu'vn par cas d'auenture 
Es maigres iours prend nourriture 
D'vn petit morcelet de lard, 
Tost il faut faire a l'aureillard 
Aureillarde confession. 
qi e telle profession 
Amené d'eau aux grans moulins! 
Puis ces harpaillons, & Colins 
Qui viuent tous de pénitence, 
FonI tenir bonne contenance 



Aux 



SIXIEME. 



83 



lu 



Aux dames des propos menus. 
aixSi l'ay veu personnages chenus. 
Qui contrefaisoyent bien la mine, 
Et passoyent en grosse estamine 
Leurs brouëts, brouëts purs & nets. 
Brouëts purs & nets? Mais punais: 
Plaisans neantmoins a la chair, 
Qui ne veut personne fascher 
Pour obtenir meilleures proyes. 
Alouzes, Merlus, & Lamproyes, 
Esturgeons, Saumons, ic Tonines, 
Chiens de mer. Anchois, & Sardines, 
<«»T 11 arènes. Moulues, Soles, Seiches, 
Sont là de pris, sont Messes seiches, 
Messe a chenal, a lestriuiere. 
Messe qui court comme riuiere, 
3Iesse petite. Messe grande, 
Messe maigre, Messe friande, 
Messe de poste, basse k roide. 
Messe eschauffee. Messe froide, ,' 
Messe a notes. Messe a diacre 
3Iesse de sainct lehan, sainct Fiacre, 
Messe du iour de la ferie, 
Messes de fratres, de ferie, 

3Iesse de la fondation, 

f.ii. 



in sei 



c 



84 SATYRE 

M(!sse pour la deuotion, 
Messe a Trentain, Gregoriêne, 
Mçsse que chacun dit la siene, 
Messe vuide, Messe a l'argent, 
Messe a baston comme vn sergent. 
Messe de chasseur, de gendarmes, 
3Iesse d'auenturier, d'alarmes. 
Messe de péchez, de remords, 
Mpsse de requiem, des morts, 
El toutes ensemble salées. 
Grand cas! Si les as aualees, 
Guari sera des escrouëlles, 
Des morsures des chiens cruelles. 
Viandes contre Epilepsie, 
Contre Caq'-sangue, Â.poplexie: 
Viandes, en briefue parole, 
A guarir gouttes Se vérole, 
Bficf, contre toute maladie, 
Et plusieurs autres, quoy qu'on die. 
Pour tousiours santé retrouuer. 
le di plus, pour argent tiouuer, 
El gaigner en cour ses procès: 
Pdur auoir par tout seur accès, 
El prospérer en beaux désirs: 
Pdur auoir par tout ses plaisirs, 



El 



SIXIEME. 8S 

Et tout le iour estre ioyeux: 
Pour iamais ne deuenir vieux. 
Et viure sans cuider mourir: 
Pour les bons trespassez guarir. 
Et sans grande melancholie 
De hors de la rostisserie 
Les tirer par guindal aux cieux. 
Mais Messire lehan chassieux 
lure qu'auant que les lascher. 
S'en seruira pour en mascher, 
Et les tirer a belles dents. 
Nos maistres ne sont discordans 
Sur ce que sans omission. 
De tous péchez remission. 
En maschant Messes, ils resentent. 
Et en les maschant tous consentent. 
Qu'elles nettoyent nos forfaicts. 
Tant, é. si auant par effets, 
(Comme courent propos hardis) 
Que nous irons en Paradis 
Vestus, chaussez, en chair en os. 
Le TEROGAMVS AVDINOS 
Entend (ce que ie fay aussi) 
Que le monde mourroit transi 
Sans Messe. A Dieu la bonne chère. 

f.iii. 



J 



i 



■ 



84 



SATYRE 



Messe pour la deuotion, 
Messe a Trentain, Gregoriêne, 
Messe que chacun dit la siene, 
Messe vuide, Messe a l'argent, 
Messe a baston comme vn sergent. 
Messe de chasseur, de gendarmes, 
Messe d'auénturier, d'alarmes, 
Messe de péchez, de remords. 
Messe de requiem, des morts. 
Et toutes ensemble salées. 
Grand cas! Si les as aualees, 
Guari sera des escrouëlles. 
Des morsures des chiens cruelles. 
Viandes confhe Epilepsie, 
Contre Caq'-sangue, A.poplexie: 
Viandes, en briefue parole, 
A guarir gouttes ik vérole, 
Bricf, contre toute maladie, 
Et plusieurs autres, quoy qu'on die. 
Pour tousiours santé retrouuer. 
le di plus, pour argent tr ouuer, 
Et gaigner en cour ses procès: 
Pour auoir par tout seur accès, 
Et prospérer eu beaux désirs: 
Pour auoir par tout ses plaisirs, 



Et 



X I E M E. 



85 



Et tout le iourestre ioyeux: 
Pour iamais ne deuenir vieux. 
Et viure sans cuider mourir: 
Pour les bons trespassez guarir. 
Et sans grande melancholie 
De hors de la rostisserie 
Les tirer par guindal aux cieux. 
Mais Messire lehan chassieux 
lure qu'auant que les lascher. 
S'en seruira pour en mascher, 
Et les tirer a belles dents. 
Nos maistres ne sont discordans 
Sur ce que sans omission. 
De tous péchez remission. 
En maschant Messes, ils resentent, 
Et en les maschant tous consentent. 
Qu'elles nettoyent nos forfaicts. 
Tant, & si auant par effets, 
(Comme courent propos hardis) 
Que nous irons en Paradis 
Vestus, chaussez, en chair en os. 
Le TEHOGAMVS AVDINOS 
Entend (ce que ie fay aussi) 
Que le monde mourroit transi 
Sans 3Iesse. A Dieu la bonne chère. 

f.iii. 



fl 



3less ; 
nesl 'juc 
basiilage 



86 S A T V R E 

que tu la nous vends trop chère 
Maistre Basteleur! Ouure, mange, 
Mon vallet (dis-tu) c'est orange, 
l'empoigne, ie serre, ie leiche. 
Fy, c'est fiente de pOrc seiche, 
Ton orange, ta messe, Maistre. 
Désormais, ô peuple repaislre 
Veux tu de couuertes ordures? 
Tu ne vois dehors que brodures, 
Or, argent, mais dedans pinser. 
C'est de quoy pour tes dents rincer, 
Et d'iiorreur trembler, & frémir. 
Yci, peuple, te faut gcmir, 
En auallant ces cocsigrues. 
vous de mon pays les Grues, 
Qui sans mesure en estes châles. 
Depuis quand. Oisons, ne leschasles 
Les baise-mains, ^ les platines i' 
Grec, Hebrieu, paroles Latines 
Tout par tout, mesme es Letanies, 
Et miliers de cérémonies. 
Sont les appasts dont ils attirent 
'*^Tous les pigeons qui s'y retirent, 
Auecques vu cœur patient. 
Pour se trompera son escient. 



s 1 X I F. M F. . 



87 



l R A N C 



FRANC ARBITRE est de sa nature 

D'assez bonne température 

Pour en faire digestion. 

Que si l'on fait la question 

Selon Dieu & sa vérité. 

Le Cuisinier plus deshonté 

Dira que quand il luy plaira, 

Paradis pour luy s'ouurira. 

Bref, toutes les truffes des champs 

Amassées par ces marchans 

Là en plein marché sont en vente. 

Ma plume n'est pas tant scauante 

Qu'elle sceust toucher nommément 

Ces viandes: iournellement 

De toutes fresches ils en donnent, 

Et tellement l'espice ordonnent 

Par ce beau Romain condiment, 

Qu'elles sauallent doucement 

lusqu'au cœur, qui, s'il ha raison, 

Sentira soudain la poison 

De ce grand, grand, grand rostisseur. 

le te di, lecteur, pour le seur, 

Que sont les plats d'abusion. 

Les plats, plats de confusion, 

Ensemble toute la doctrine 

f.iiii. 



3 



i 



88 



SATYRE 



Qui sort de la bouche & poictrine 
De ce redoublé Pamphagus. 
C'est pourquoy mes cousteaux agus 
Ont confusément & sans ordre 
Sur ces viandes voulu mordre. 
Le bouilli a la mode antique 
A receu la première picque. 
Le rost subsequutiuement, 
Et ce qui suit, hastiuement 
S'est présenté. & le tout rien. 
Mais ce riè vaut Dieu scait combien. 
que ne suis-ie Pape, ou Roy! 
Romains, pour tout certain ie croy, 
Comme vous estes fourbisseurs 
De nappes, de verres rinsseurs, 
Arlisons de caues, chopins. 
Rouges Bons-temps, freres-lupins 
Qu'auez tousiours vn pied en l'aer, ; 
Pour bondir, baller, fringaler. 
Ainsi qu'esgarez ablatifs, ■ 
Auez visages potatiO$, 
Nez cramoisis, & de coustume 
Haussez le temps. Le feu s'allume 
Cependant en vos gosiers frais. 
Vos prédécesseurs a grans frais 



De 



^ 



SIXIEME. 



89 



I,es Papes 
Romains 
ont i/nt- 
tjiiéstir 
If ii.r lie 
Ciinslanli 



De l'Asiatique victoire 
Prindrent heureusement la gloire 
De bien cuisiner, vous aussi 
De cuisine auez grand souci. 
Car par vous ce vil ministère 
De cuisiner, est haut mystère 
De grande réputation: 
Tant que par computation 
Vous baillez grande recompense 
A vos Athlètes. Et ie pense 
Qu'il n'y eust onc ni Epulons, 
Ni Lupercaux, ni Helluons, 
3Iilesiens, ni Sibarites, 
Ni gorges grandes, ou petites. 
Ni cuisines, ni cuisiniers 
Qui autàt ensceussent du tiers. 

loy Antie ! o loy Fannie, 
Loy Didie, loy Licinie, 
Approciiez o (^orneliane, 
Et toy aussi loy Iuliane, 

Dormez vous? De vos promptuaires 
Sortez toutes loix Sumptuaires 
Contre toute lasciuete. 
' lasclue excessiuite, • / 

Qui iamais n'es de peu contenteJ 



l.egesa- 
pud Uo 
maiio> 
lata'ad 
nohihen 
tl a ni vi- 
ol" luxu- 
ri('m,& 
conuiui- 
oi'iimsû 
plus ini- 
inodi- 
cos. 

b 

l.ucaii'. 

O prodj 

gavrtrû 

luxurios 

nunquâ 

paruo 

rOtciita 

paraUi! 

Et quipsi 

toiu Ici- 

ra pela- 

gO(|U('ci 

boruni 
Ainbilio 
fa famos 
&laiila' 

ginria f 
meiisii'l 
*:ca,". \ 



L 



J 



90 ' SATYRE 

g oire de table flottante 
Sous l'ardeur de soif vicieuse! 
faim par trop ambitieuse 
Qui! mer pesches, & terre chasses, 
Et io"' tèps tout par tout pourchasses 
Toijis tes appetis dissolus! 
Qui n'entendra a ces Goulus, 
lus^ucs aux os nous mangeront, 
Voire nos os ils rongeront 
Acharnez de cruelle rage. 
"Mais quoy ? Il ftuit prendre courage. 
vjitus ensanglantez Romains, 
Votci l'eau forte en puanteur. 
Le dict est vray du bon autheur, 
Qu(î moins lauees sont mains nettes. 
Si trop par trop iguorans n'estes, 
Papistes, vous scauez ceste eau 
Auoir sa source du ruisseau 
Dont print Pilate pour forger 
Sentence, & lesus Christ iuger 
A 1 ï mort. Cruels garnemens, 
Puisez- vous par vos lauemens 
En ces abominations, , 
Hoi'reurs, k condamnations 

Qn; sur les Chrestiens prononcez? 

Assez 



SIXIEME. 



91 



Assez pieça le dénoncez 
Par vos exploicts, sanglas bourreaux. 
Voyez voyez foudre k quarreaux 
Tomber, vostre punition. 
Sénat de perdition, 
lamais la F oy n'entendras-tu ? , 

peuple sot, peuple testu, 
Scais-tu bien a quoy tu consens? 
Approchez-vous, o innocens, 
Constàs, hardis, sans peur, sans affre, 
fMn Pour seruir a ce grand Galaffre ' 
™u"àe Apres disner de Peaurisles, 
'rslpa/v' Histrions, Ludions, Cheristes, 
Pantomimes, Aretologes. 
Vos cris,helas! sont horologes. 
Et aduertissemens de l'heure. 
Ca, ça Loquebauts, sans demeure, 
Si vos pasts sont pernicieux. 
Vous estes du moins gracieux. 
Car vostre grand disner désire 
Courtes grâces. Dit le Messire, 
Agimus tibi. Beata 
Viscera, Inuiolata, 
Sans oublier Fidelium. 
Amen. Puis, lier conune vu Lion. 



û 



111 



92 



s A T V K E 



Gaignons les pardons sans payer, 
Dit-il, & pour nous esgayer. 
Vous soyez les très-bien venus. 
Bacchus & Ceres, & Venus 
Que demandent-ils? De la panse 
(Ainsi que l'on dit) vient la danse 
Sans dilations, ni délais. 
Cà niaistre lehan du Pont-alais 
Vn saut a la mode Ionique. 
Pour nous garder de la tholique 
Alli)ns a monsieur sainct Trottin. 

monsieur sainet Alipantin 

ta chappelle l'entrepas 
le J uis venu de mille pas 
Empêtré de mille folies. 
Gai[de-nous de Melancholies. 
Car trop mieux vaut rire (k danser 
Qii^ tousiours ainsi grimacer. 
Su;; donc que la soif on estanche. 
JVJais on maintient a ville franche 
Qu; bien lost des Hogations 

feront abrogations 
Ail si que des vieilles Februes. 
Desia chacun parmi les tues 

parle, cV- moy, i'en fay la ciie. 



Ha 

En 



En 



Keliiua, 
i|l)usiiin 
nia n)<iV' 
facliU'>i- 
pialiriliii' 



Cliacuii 



SIXIEME. 

Chacun dehbere d'en rire. 

C'est faict, l'arrest en'est donné. 

Mais sera-point tantost borné 

L'escrit de ma melancholie? 

Non, non, il faut qua plein ie die 

Comment i'ay este agacé. 

Et en cuisine tracassé, ' 

Comme i'ay tant couru, trotté, 

Que i'en suis iusqu'au dos crotté 

Pour payement de mes iourneest, 

Meulles dessus dessous tournées ' 

Furent par moy: mais de moustarde 

Nul grain. Là c'est graine bastarde, 

Que Chrestieune philosophie. 

Car pas vn seul d'eux ne .s'y fie. 

Mais si l'aut-il pour mon plaisir, 

Quils [wenent ce iour le loisir 

D'en taster a mon appétit. 

Venez Gueux petit a petit, 

l'en vens, i'en baille. Moustardi? 

Qui est de vous le plus hardi ? 

Nid ne vient. Seigneur, quàd sera-ce 

Que ceste tant Payenne race 

Verra ce prouerbe en vsage ;' 

Le monde (o Pape) n'est pas sage, . 



93 



9i s A T Y R K 

Dqnt les enfans en vont légers 
A la moustarde. quels dangers 
Si vn iour ma moustarde fine 
Leur prend le nez en leur cuisine ! 
Non que ie sois vn vieil rostier, 
Qui scache trop bien le mestier 
De: faire par tout la recherche. 
Mais si ay-ie vne longue perche 
Pour haut & bas la ramonner. 
Ces chiens ne font que marmonner. 
le voy coq en haut, chat çî^ bas, 
Kiiites, ratons a leur estas 
Biauader, marmoter, courir, 
Supporter, empoigner, mourir. 

éu'est ce H ce coin ? C'est trop sôger, 
Le retraict, lit Garde-manger, 
E| tout en vn le Garde-a boire. - 
le pestilereux Ciboire, 
Plein de vermine, t^ reliqua ! 
La souri point ne répliqua, 
Qfiand elle fut au briquet prise. 
DIi chien Maigret fut l'entreprise 
Bi)nne, qui tant en aualla. 
Hola (dicl quelqu'vn) qu'est ce-la? 

Ha (dict vn docteur bien posé) 

C'csl 



SIXIEME. 



95 



C'est poix, ou poison reposé, 

Plein de tignes, ou vermisseaux. 

C'est vieille marée. morceaux 

Douteux ! quellhostellerie ! 

mort ! o la sommellerie j 

Des nocturnes potations. 

Crapules, liguritions, | 

Et non ordinaires licences î 

Voyons, toutes les insolences 

Qui des ans sont passez vn mille 

T'ont donné (o gloutte famille) 

Dequoy bsstir ceste Cité. 

le voy toiit. peruersite ' 

De tant fréquentées popines! 

vous qui vous paissez de mines. 

Combien de fois iouez l'année 

La condamnade condamnée 

Auec ces asseurez pipeurs! 

des biens du monde attrapeurs, 

Dressez-vous pas ainsi le ieu 

Pour anoir de quoy vostre feu. 

Et la cuisine entretenir? 

le ne scaurois plus m'abstenir 

Que vos saincts, mais feîcts sacrifices, 

Idolâtries, maléfices 



)\ 



I.ilierlin>! 
IcFpini 



-^ 



Ç 6 s A T V It 1-. 

Ne mette en auant,Protheistes, 
^^ieux éc vermoulus Atheisles, 
Ordure du siècle, oîi nous sommes, 
Sales pourceaux, à: non plus homes, 
plus a fuir que toute peste. 
Ce propos t'est assez moleste 
Homme brutal. Non pas? Non pas 
our en perdre d'vn bon repas 
h^ coup de dent. Viene qui plante 
Pourueu que la table opulente 
Soit d'accord a ta martin-gale. 



K|iti'lih 
fll'Jiiei:" 

|"in'u>. 



t 



L'orijin-'H 
Imsc Pa- 
puutf' rs- 
l}mlee}iiif 
Martin 
f.iilhri- 



Moiiii's, 

l'ailsCar 

din^ni.r 

jiour n- 

itoirpci- 

xecwé la 

rerilC' 

.S'ourfc 

i/es Cay 

madcrie--i 

lies .tf cil 

(/iKH.V. 



Papimanes, Martin gale 
'ieç'a le dessus de vos crestes. 
C'est vous qui iours ouuricrs k festes 
Sans fond a ces profusions 
Foncez iusqu'a elVusions 
Du sang des Clircstiennes brebis. 
Dont vous portez rouges habits: 
Tant est excessif vostrc escot. 
Aquin, Albert, Lyra, l'Escot, 
Holcot, Bricot,. Tricot, tV: tels 
Gros cuisiniers des vieux autels, 
Ont-ils pas du vieil Testament 
Au nouueau conduit iustement 
Les décimes sur le colet 



De 



s I X I R M R. 



97 



De nieint poure frère mulet, 
Et enseigné repeuës franches. 
Pour auoir trippes les dimanches, 
Et du poisson les vendredis. 
Du pain, du vin les mercredis, 
Etdurost toute la sepmalne? 
Venez chalans, ie me pourmeine. 
Monsieur de Gornibus crioit, 
Aux Lutari, chacun prioit 
D'ouir sa réplique & défense. 
Le Papistic martyr Roffense 
Scait assez a quoy s'en tenir. 
Eccius est pour soustenir . . 
Du purgatoire l'auantage. 
Tout corîté, c'est bel héritage 
Qu'après grignoter, a la nappe 
Toicher son bec, et puis la chappe 
letter sur son dos mol <fe tendre. 
Ainsi fait le grand Alexandre. 
Mais ie veux faire sur cela 
Quelque compte. Villon alla 
En tauerne auec ses ribleurs. 
Puis après boire des meilleurs, 
Voyci a la fin venir l'hoste 
Pour conter. Adueint que do cosle 



98 s A T Y Ft E 

Se trouua pour lors vn preud'hôme, 
Qui ne scauoit que c'est de Romme, 
Et n'en pensoit ni bien, ni mal. 
Vien çà (dict Villon) Animal, 
Que ie te bande les deux yeux. 
Hoste, il ne void terre, ne cieux. 
Sus bastiuement cacbons-nous. 
Le prins payera tout pour tous: 
Voyia ma loy. Villon desmarcbe 
Au pris que le preud'bôme marche. 
Bref, il sort dehors de compas. 
Ses compagnons ne dorment pas, 
Ils suyuent en faisant silence, 
Tant que chacun dehors se lance. 
L'hoste en vn coin ne disoit mot. 
Le preud'homme come vn marmot 
Ne fait que bras & mains estendre. 
L'hoste rit, & se fait entendre. 
Preud'hôme court: l'hoste s"eslôgne. 
le te pren, dit il, ie t'empongne, 
Vous autres en serez tesmoins. 
L'hoste, qui ne pensoit rien moins, 
Quand il s'esloit mis a l'escart, 
Apres auoir sceu le départ 

Des galans, faisant du subtil, 

Prcud'- 



s I \ I K M E. 



99 



Vmik- 
gf itii- 
p/ions de 
l:\ siidif- 
rtion rfcs 
f rinces . 



Ces baste- 

Imnne 

r'iilcnl 

poi.'il lyu'ô 

regarde 

mkiirgib 

iieeiere, 

kmains 

nicoies 

^11 on Use 

I Eseritit- 



Preud'homme, tu payeras, dit il: 
Car en me prenant ie fay pris. 
Et ne sortiras du pourpris. 
Que le payement ne soit faict. 
Vérité est telle en effet. 
L'hoste est celuy, qui par Villon 
(C'est le Pape, ou le Papillon) 
Et par ses gens (sale prestraillc. 
Gens marchans de nouuelle taille) 
Est deceu. Quell'inuention 
Pour fuyr iurisdiction 
Royale en dispute d'escholes ! 
Quel droit! quelle loy! par bricoles 
Le Roy porte tout sur ses coffres: 
Et toy paoure peuple tu t'offres 
Portant sur tes yeux le bandeau. 
Ne t'esbahi donc du fardeau 
Des imposts, ni exactions. 
Car contre toy les actions 
A ces moyens sont bien parées, 
Et mieux encor exécutées. 
Cuidez-vous qu'escrire ie l'ose? 
Ils veillent, (merueilleuse chose !) 
A couurir comme feu de nuit. 

Les mystères du iour qui luit 

g.ii. 



11 



^-Z 



00 



s A T V K E 



] *arini l'obscur de leur magie. 
religieuse clergie ! 

aut-il (disent-ils) publier 
Sacrez secrets, & oublier 

^a populaire indignité ? 

Is nionstrent la Diuinite - 

3es religieux anciens, 

Perses, Brachniaus, AEgyptiens, 

Et puis ils allèguent Mercure, 
t puis Orphée, (k la gràd cure 

Du philosophe Pythagore, 

Et de ses disciples encore. 

Qui cachoyent tous leurs beaux serui 

A.uecques l'ordre, & les offices (ces 

Du Pythagorique silence: 

Puis de Socrates lexcellence, 

Et de ce tant diuin Platon, 

D'aristoxene, & de Caton 

La secrète philosophie. 

Et afin que mieux on se fie 

A leur tant bonne & belle grâce, 

Ils adioustent les loix d'Horace, 

Et l'Athénienne ordonnance. 

Qui plus est, de la on s'auance 

D'alléguer les sublimitez 

De 



MiUear 
raiiaDef 



Ilorali* 
il) 1er li- 
.^ps con- 
iiiiiiate 
lianCFC- 
côsci.vt 
sitsecre- 
tû quic- 
quid lit 



S I X I E .M E. 101 

De Genèse, & subtilitez 
Qui se rencontrent sur la fin 
D'Ezechiel. Voire, & afin 
D'auoir solide fondement, 
Ne laissent derrière comment 
Il n'est permis par les Hebrieux, 
(Tant il les estiment scabreux) 
De lire ces poincts aux mineurs. 
P'autre part bons frères mineurs. 
Vrais princes Hebrieux en caballe, 
Tirent soudain de ceste balle 
Les secrets du feu, & des cierges, 
Et autres biens cachez aux vierges 
De Vesta, & aux pontifices. 
Puis ioingnent a leurs maléfices 
Les hauts cris du criard sergent 
Dressez a la prophane gent 
Es solennité/ Eleusines. 
Ainsi font-ils en leurs cuisines 
Seruir & payens & prophètes. 
Leurs impudences & tempestes 
Crient qu'aux lais la cognoissance 
Des saîcts Escrits tourne a meschàce 
Et qu'en tous temps & lieu le sage 



Cache le secret du mesnage. 



.ut. 



& dici- 

tur in cf' 

uiuio. 

Apud 

.\thenic 

ses in «i 

uiuiissu 

nioies 

niôstra- 

baatia- 

nuascae- 

toriscû 

ciuiii ex 

hortatio 

ne, ne <1 

dictûexi 

let. 



Insaciis 
Eleusi- 
najCcie 
l'is initia 
tisoliim 
ndmitte 
liantui- 
piascone 
acilamâ 
le.Pro- 
culo p- 
cul este 
propha- 
ni. 

(Clama- 
bal va - 
tes) tut» 
'|ueal)si 
slitelu- 
co. 

.Yvcrsu- 
to ceia- 
tur sapii: 
tia. 







4 02 SATYRE 

lesus, disent-ils, en parole 
Ouuerte peu, par parabole 
Parla beaucoup: & si ordonne 
Que le sainct aux chiens l'on ne dône. 
Ni aux pourceaux les marguerites. 
Voyla ce que ces chateinites 
Allèguent, cachans les secrets 
Non pas de Dieu, mais de Ceres. 
Secrets toutesfois si couuers 
Qu'on voit le iour tout au trauers. 
Et qu'est il besoin de reliques? 
Cà letres Hiéroglyphiques, 
il vous faut bien remettre sus, 
len suis dauis. bon lesus! 
Ils ont ta vérité si vile 
Que s'ils tenoyent ton Euangile 
Sous vn cachet, Naso, TibuUe 
Properce, Martial, Catulle 
Tièdroyent lieu des vrais Euangiles? 
décisions bien subtiles ! 
Voyla pourquoy eux tous aussi 
De cacher ont si grand souci 
Leurs beaux secrets a tous, hors mis. 
A quelques pourcs endormis 
Idiots, vieillars, simples vefues. 






s I \ IF. .M E. 



103 



lleligiii 

sa .U'gy 

plicjruui 

volumi. 

lia hieiij 

ijlyphi- 

cisllk- 

lisscn- 

bebâlui. 



Qui 



Qui espient les fleurs des febues: 
Et a quelques vns dissolus, 
Fauorisez & bien voulus 
De to"^ leurs troupeaux Seraphiques. 
A ceux-là leurs mirelifiques 
Sont départies priuément. 
tef"- C'est le poinct, qui tant aigrement 
rinmd'd \[g poinfft a vous contrepointer. 
y/^' Mais vo"' loin du poinct d'appointer, 
iXl Sifflez, & ne faites que bruit. 
Le prouerbe, Trop gratter cuit, 
Voulustes pour cela m'apprendre, 
Voyla pourquoy sans me défendre, 
Couuert de puante fumée 
(Si la porte eust este fermée 
le fusse estouffé) a Dieu grâce 
le prins l'aer, & ioyeuse face • 
En despit de vous enfumez, 
Vous quittant docteurs perfumez. 
Mais non pas si bien entendus, 
Que de près vous estes tondus. 



y^ 



g.iiii. 






104 



SATYRE VII. 




LES DEVIS I) ' A P 11 E S D [ S .\ E R. 

>^f VEL bruit? Qui 
iKi sont ces noteux ? 
i" Ces ordoux aîsi des 
piteux, 
1^ Et masques a lour- 
fe*; decabauche? 
Sont les compagnons par desbauche 
De maislre Antitus» qui portoit 
Chausses a queues, & trottoit 
Gayment en souliers a poulaine, 
Enfans de Paris, &: d'Helene, 
Frères héritiers de Merlin, 
Vrais disciples de Palhelin, 
Ou mieuNtdes porteurs de lardoires 
Du temps iadis,"> vrais trottefoires, 
Estallans par tout marchandise, 
Tous enfans de Papelardise, 
Prests a monter en auallant. 
Puis Dieu scait si chasque gallant 
Tenant tousiours le verre au bec 
(A tel menestrier tel rebec) 

Met paradis en inuen taire, 

Coin- 



SATVRE SEPTIEME. 103 

Composé sur son breuiaire. 

Contant vn par vn tous les Anges. 

(]e n'est doncq des bourbiers & fàges 

Que puisez vos formalitez, 

Instances, & Ecceitez, 

Vos quidditez & nominales, 

Thomasses, Albertes, reaies. 

Magistrales finitions. 

Arguties, conclusions, 

Extramondanés d'Aristote, 

Correlaires a plene hotte, 

Quodlibets, propositions. 

Subtiles suppositions. 

Et tous tels thresors scholastiques. 

Voire mais, riiies aquatiques 

lamais le bon vin ne ressemblent. 

Nonobstàt que toutes gens trêblent 

En entendant vos beaux Latins 

De cuisine. Fy fy mastins, 
Humesouppiers, aualletrippes, 
Guettelardons, gros fripelippes, 
Qu'ay-ie dit ? o vaillans Sophistes, 
Tresdignes & discrets Scotistes ! 
Docteurs subtils, subtilissimes. 
Docteurs illuminatissimes. 



105 



SATYRE 



Ilssemnr 
queni de 
ceux qui 
leur ap- 
portent. 



Docteurs solennels, seraphiques, 
Irréfragables, Deifîques, 
Nb voyci pas vos vrais esbats ? 
Escoutez si i'ay haut & bas, 
Dje vous nos Maistres bien titrez, 
Les colloques enregistrez, 
eins de Troulogale faconde. 
COLLOQVE, DV QVEL SONT 

INTERLOCVTEVRS, MONSIEVR NO- 

slre maistie Friquandouille, Freie Tliibaud, 
Se Messire Nicaise. 

Noslie inaistre Fiiquamlouillc. 

uJ^/^1 E vire, ie tourne a la ronde. 
Que voy-ie là ? 

Fieie Thibaud. 

Fols sans ceruelles. 

Qui souuent de leurs tartauelles 

A nos huis 

Tout ce que mangeons 
Est tarteuellé. 

Noslie Maistie. 

Il rangeons 
Nos cloches, maillets, & marteaux. 

j Ficie Thibaud 

Contre qui? Contre les cousteaux 
De ceux qui tranchent nos lopins? 

Xostre Maistre- 

Is mesprisent (quels Fràcs-taupins!) 




Messire Nicaise- 



M. N. 



lUparSl 
aux Mmi 
sires de ve 
rile alises 



Pour ma'i 
Ifnir les 
sodalilez 
Scfoii- 
uenu. 



SEPTIEME. 10" 

Nos banquets, nos frugalitez. 

F. T. 
Ils rompent nos sodalitez. 

Et nos munitions arrestent 

Sur les passages. 

Ils s'appiestent 

Pour résister a tous assauts. 

N. M. 
Nos dents, nos ongles sont les seaux 

Pour les passer au mestier maistres. 

l'en veux a vous, d'oisons les paistres, 

Que vous font nos nez cramoisis? 

Les dieux des Payens tous moisis 

Viuoyent-ils de vins esuentez? 

Estoyent-ils pas tresbien rentez 

D'ambrosie & nectar es cieux ? 

Estans de ces terrestres lieux 

Repeus doucement par odeurs, 

Et abondamment des nideurs 

Des holocaustes & victimes? 

F. T. 
Sodales, compagnons d'estimes, 

(le ne di pour me despiter) 

Pour cela sceurent luppitér 

Du nom Sodalat inuoquer. 

Ce n'estoit pas pour Dieu mocquer, 



Horati» 

iioctcs 

ccp.riœq ; 

Dei^m'. 

Apnetis 

Diistrir 

buitur 

vt domi 

ainbro- 

sia,& ne 

ctare vi- 

uant. 

Quôd si 

aliqtiù 

ad victi 

mam in- 

uilâtur, 

nidore 

cainium 

magis de 

lectan- 

tur 

Sodales 
haetere- 
sium lo- 
ué idest, 
sodali- 
lium. vt 
sodalitii 
iiirisco 
ebant. 



^ 



a 
Aruales 
sodales 
instituit 
RomulJ 
inita cû 
Tacio'so 
cietate, 
séquein 
lereos 
Duode- 
ci mû fia 
Iremap 
pellaii 
voluit- 
Huiussa 
cerdotii 
Insigne 
fuit co- 
rona s;pi 
cea. 
6 
Céréales 
cœnse sût 
quse sole 
nes,& sa 
crseex- 
quisitis- 
simise- 
pulisin 
struului 



l'.iCtMO 

deSe- 
nect. in- 
ducit Ca 
loncm 
ita disse 
• renteni : 
Sodalita 
tes me 
Qua-slo- 
re côstj- 
tuta; sût, 
sacrisl- 
dseis Ma 
gD8B ma- 
trisac- 
ceptis. 
Epula 
bar igi- 
tur cû so 
dalibus. 



108 SATYRE 

Qu^nd"Romulus se couronna 
D'espics de blé, & se donna 
Ncin de frère doiizieuie en nôbre. 
C'|st bailler a Ceres encombre 
D^ contemner les bonnes chères, 
Qjioy que les viandes soyent chères. 
Bref, toutes tables moniales 
Sont les viandes' Céréales 
Des compagnies luppinistes. 
Au milieu d'autres chopinistes 
'Claton, ce vaillant Sénateur, 
Comm'il dit, & n'est point menteur, 
Se trouua, & y beut d'autant. 

M. N. 
Prestres ' Saliens en sautant 
Es enuirons de leurs anciles 
On fait des généraux conciles 
Pour practiquer mets somptueux. 
Les sept epulons vertueux 
En vérité le teslifient. 

N. M. 
Les vieux Pontifes ratifient 
Toute cest' honorificence. 
Toute exquise magnificence 
De nosioyeux'Synagogimes, 



d 
Salii ve- 
tustissi- 
mi sacer 
dnl(»san 
cilla cap- 
lo ilela- 
psa saltâ 
les fere- 
banlA' 
splendi- 
dèviue 
liant, a- 
(leovtsa 
liaiesda 
pes, pro 
uerbio 
dicalur. 
(".un ve 
rohulus 
apparal' 
magnifi- 
ci demâ- 
data e- 
rat Seplë 
virise- 
pulonl- 
bus. 
e 
Romani 
poDtlfi- 
ces luxu- 
riantes 
cœnas ce 
lebrarût 
vt pro- 
iierbium 
vulgalû 
sit, Pon- 
llticalis 
cœna. . 

f 

Synago- 
gimO, P 
côuiulo 
vbi sl- 
mul bl- 
bitur, 
velquod 
syrabo- 
lis con- 
stat. A- 
thenaeuS' 

Et 



La mule 
du Pape 
ae biiil 
qu'a ses 
heures. 



SEPTIEME. ^09 

Et des bien ordonnez régimes 
De nos conuiues tant sacrez. 
De Metellus sont consacrez 
Pour cela, les faits en mémoire. 

M. N. J 
Qui scait le tour de l'escumoire 
Doit tousiours grasse souppe auoir. 

N . M. 
Du Pape donq c'est le deuoir 
De boire a la Théologale, 
Pour digérer a la regale 
Du peuple le pesant pèche. 

F. T. 
lours & nuits doit estre empesché 
(Quoy que sa mule on en harie) 
Pour maintenir la confrairie 
De Mère église en ses estais. 

M.N. ■ 
Quels apostres! mais apostats 
Qui no ■' voudroièt voir pies deschaux 
Et souffrir faim, soif, froids & chauts 
Au mespris de nostre prestrise. 

N. M. 
Les prestres Hébreux que l'on prise 
Furent riches & opulens 
Et pourtant furent excellens 



Macrob- 

Satur. 

vetustis- 

simâ Me 

telli pô- 

tificis coB 

nâ sûmo 

appara- 

tu,&oni 

nigenis 

lautltiis 

Instructâ 

descrl- 

bit. 



110 



s E P T I E M K. 



(Il 



S A T Y R K 



A maintenir religion 

Par la vertu de l>ons deniers. 

Ce non obslàt ces gros asniers 

Diront que le pape Marcel 

Deuoit refuser le morcel 

Que luy bailla saincte Lucine. 

Et que de tous maux la racine 

Prend des biens-faicts, & du butin 

Du bon empereur Constantin. 

Yoyla vne belle science, 

Et gens de bonne conscience 

Qui refusent le patrimoine. 

Et tant ils ont le matrimoine 

Ei^ leur recommandation ! 

Pape sans domination 

Nâ seroit-il pas vn beau Pape? 

F. T. 
Aïk diable capuchon & chappe 
S'ils ne portent authorite. 

M. N. 
Si fraternelle equalite 
Awoit sô lieu (choses terribles!) 
Adieu nos banquets Poil uci blés, 
Adieu bon temps. Adieu cuisine, 
Ajdieu toute vie diuine. 



Cœpil 
Roraan' 
Pôtifei 
diues fie 
ri quû II 
lum Lu- 
oina, 
Marcel ■ 
lo seden 
te, mo- 
l'iens pi i 
ma feclt 
haeredê. 

Eraenti- 
ladona- 
lioCon- 
staiitlni' 



F. T. 



Apud 

Roina- 

nos Pol 

lucibi- 

liaconui 

nia ex 

piscibus 

consla- 

bant. 



F. T. j 

O griefues disputations! 
Nous sommes aux tentations 
Et autres féminins obiects 
Ainsi que les autres subiects. 

Ha mon ami. 

N.M. 

Frère Thibaud. 

F. T. 
Nostre Maistre. 

N.M. 
Hardi ribaud, 
l'affusteray mille canons 
Au besoin contre ces asnons 
Pour du tout les mettre en poucieres 

F. T. I 
Belles questes. 

M. N. 
Rentes fonsieres. 

N. M. 
l'enten bien, c'est la recompense 
Qui nous fait auoir patience. 

F. T. 
Ha nostre frère Friquandouille! 

N. M. 
Que dites-vous frère Gribouille? 



':! 



113 



SATYRE 



Ces man- 
gedieux 
ne cToyél 
rien mois 
que ce 
qu'ik l'eu 
lent faire 
croire 
aux au- 
tres, les- 
moin 
leurs de- 
uis parti 
culiers, 
& lespro 
près U- 
ures de 
leurSophi 
slerie. 



Leurs pP 
beaux de 
uissont 
du badi- 
nage du 
paoure 
peuple 
qu'ils ont 
abusé 
poura- 
Hoir l'of- 
frande ■ 



Vous feray-ie vne question 
Sous le seau de confession? 
Dictes-moy, pèsastes-vous oacques 
Oue vous fissiez Dieu ? 

I N. M. 

]2t quoy doncques? 
F. T. 

la dea, ie veux bien qu'on le croye, 
Autrement a Dieu nostre ioye. 
Mais fidam meam, Nostre maistre, 
le ne scay pas que ce peut estre, 
le ne le creu onc, ni ne croy. 

N. M 
Parlez bas, non fay-ie pas moy, 
Et bien souuent ay eu grand peine 
De me retenir mon haleine, 
Afin de ne peter de rire. 
Lors que ce populaire tire 
Ces moa culpa, de si loin, 
Et qu'on me vient sans grand besoin 
Leuer ma queue par derrière. 
Mais, viue nostre gibecière, 
Gela ne va que bien ainsi. 
Mais quoy ?scauez- vous? tout ceci, 

Soit tout dit en confession. 

M. N. 



SEPTIEME. 

M. N. 
Nostre maistre, vne question. 

N. M. 
Hardiment, ie vous en diray 
Tout autant comme i'en scauray. 

M. N. 
le demande, ne vous desplaise. 

N. M. I 
Non fait-il, Messire Nicaise. 
M. N. 
,nnesau Si tout OC qu'on mange se chie? 

r:'/ Et quoy donc? Et faut que ie die 
S°"" Que tout home est fol qui en doute. 

M. N. 
Mais voyci la seconde doute: 
Paradis n'est-il pas au lieu 
Où se trouue nostre bon Dieu 
Qui au parauant estoit pain? 

X. M. 
Cela est vn poinct tout certain. 
Et que concluéfe-vous pourtant? 

MN. 
Ergo ie conclu que d'autant 

Que le Dieu que nous auons fait, 

h.i. 



113 



( 



--■^ 



] 1 4 s A T Y H h 

S'en va droit du ventre au retraict, 



Telle csl 
la rewhi- 
lion des 
p(» sauûs 
tlalheolo 
giens- 



II 

c 



Deuise 
empniléf 
de Saida 
niipate. 
par les i" 
pelasires 



y faut chercher paradis. 

N. M 
est vn argument de iadis. 
aisquoy que soit, il no-'faut croire, 

Que nostre bon dieu dénient foire 
Deuant qu'estre en bas deuallé. 
ï^arquoy, puis qu'il s'en est allé 
Deuant qu'attendre la sortie, 
(f'est foire, & nô pas dieu qu'on chie. 
M. N 

d) belle resolution 

pe difficile question! 

i'rere Thibaud que vous en semble? 

I F. T. 

kuons mon amy, car ie tremble 

pue quelcun de ces fins frotte?. 

iSe nous ait desia escoutez. 

Et puis, quoy Môsieur nostre Maistre ? 

N. M 

Il m'est auis qu'il n'est que d'estre. 
Bon pain, bon vin, & bon potage, 
Sont le soûlas d'vn homme sage. 
Et vous quoy Messire Nicaise? 
M. N. 



SEPTIEME. H5 

11 n'est que de viure a son aise, 
Et noyer tout soin & souci. 
Vous pleurez, frère. 

V. T. 

• • ! ■ 

11 est anisi. " ' 

Car la peine esl grande, a vray dire, 
D'ainsi tousiours gaudir, 6i rire. 
Mais il faut auoir patience. 

N. M. 
Sus, abruuons la conscience 
Tandis que sommes yci bas. ^ 

Car c'est après nostre trespas. 
Que nous beurons de l'eau-beniste. 

F. T.' 
De la table aller droit au glste. 
Et trouuer la ie scay biè quoy, 
IS'est ce pas défendre la foy, 
Quoy que Luthériens escriuent. 

N. M, 

Ceux-la boyuent bien, qui biè viuêt, 

F. T. 
belle sentence & bien graue, 
Quand ou a tant beu qu'on en baue ! 

M. N. 

Voyla sans faute vn mot doré' 

h.ii. 



/ 



Il 

F. Pierre \ 
Doré Ires 
digne la- 
copin . 



Mi 
i 



; s A T Y R E 

fust frère PI ERRE DORE. 

1-. T. 
grande consolation ! 
M. N. 



F..lnloi_ 

ne Calelâ 

riyndam- 

népottr 

hougre en 

son conuel 

D'allxj, 

foitte'pour 

tiilullere 

an conuel 

de l'obscr 

nance a 

Thoulo- 

se. par 
imporln- 
nile' de 
eeiix aiis- 
qiiels il 
touchoil. 
depuis de 
uenti Mai 
sire.lli- 
boron en 
/(niii',& 
de là ayâl 
cotrefaicl 
l'Euançie- 
lisle auec 
rnepulaï 
par iespa 
rededeiiT 
nns.par 
f'tule de 
Iroiuier 
quis'cn 
votilust set 
uir,deue- 
nu piller 
de la foy 
Calholic- 
ijue- 



( i certaine approbation 

De la saincte foy catholique ! 

I N.M. 

A'iue des verres la musique, 
(fliangeons propos, quelle nouuelle 1' 
Que fait de Luther la séquelle ? 
]^ïourront-ils pas l'vn de ces iours ? 

M. N. 
l^idam meam ils vont tousiours, 
Et pleusl a Dieu qu'ô eust fait tresues. 

X. M. 
le bel escosseur de febues 
Que frère AINTOINE CATELAN 

Baille luy belle, que de l'an 
1 n'eust tant songé ce badin. 

N. M. 
Et'DEMOCHAREScedandin, 

Et ce bel ARTVSdeschiré. 

M. X 

Par diam, i'eusse désiré 

Qui 



h 
y.Mai- 
sire de 
ilouchn. 
maisire 
fol iiirc'. 
lesmoin /'• 
crucifix^ 
de .Voyô • 
f 

beau fni 
seitr de 
Inrdoiie^ 
qui ri- 
maiik 
liour moi' 
sa lippie- 



SEPTIEME. t17 

Qu'ils eussent eu fiebure quartaine, 
Plustost que de prèdre la peine 
D'exposer par leurs menteries 
Tout nostre faict a mocqueries. 
(2ar, le grand gibet y «it part, 
Us ne viuent pas a l'escart 
Nos ennemis, chacun les voit, 
■""Et tout clairement apperçoit 

Tout le rebours de nos mensongeàr 

F. T. 
Il est passé le temps des songes. 

X. M. 
Le tèps n'est plus, quand tout est dict, 
De faire tout croire a crédit. 
Mieux nous va adroit passer le temps. 
Tant qu'il dure, en paix & contens, 
Ynqisiia Et quittant là tous ces Ergos, 
'"JX''- Alléguer tout droict les fagots. 

tresdiuine opinion ! 

F. T. 
courte resolution ! 
Tesmoin Liset, ce bon preud'hôme, 
Qui eust par trop mieux faict en sème 

De n'entrer si auant en ieu. 

; li.iii. 



h 



fe'ptiophf 
apporté 
des terres 
neufues a 
l'aulheur 
du preset 
Satyre. 



h 
118 

Mcssirc Nicaise. 

Mais nostre Maistre depardieu, 

Auezl-vous point ouy nouuelle 

D'vnte risée solennelle 

Qu'a fait de son nez trespassé, 

Et dpdans vn verre enchâssé 

Vn ({ertaih poëte a demy ? 

I F. T. 

Et conte-nous en. mon ami. 

Les Imorts n'en seront pas marris. 

I .N. M. 

Marris ou non,ie veux du ris 

Tousiours a l'issue de table. 

Oyiz donc d'vn nez vénérable 

Vne complainte mirificque : 

Et buis nous orrons la musicque. 



COM- 




119 

COMPLAINTE DE MES 

SIRE PIERRE LIS ET SVR LE 

trespas de son feu Nez. 

ESSIRE Pier- 
re estonné 
De voir sô nez bou 

tonné 
) Prest a tomber par 
fortune 
De la verole.importune, 
De grand colère qu'il eut, 
Print son grand verre & y beut, 
Puis d'vne musicque yurôgne. 
Contournant sa rouge trogne, 
lettant son œil chassieux 
Vers son royaume des cieux, 
(C'est a dire, ses bouteilles 
Belles, grandes, nompareilles, 
De son buffet l'ornement, 
Et son seul vray sauuement) 
Acoudé dessus sa table. 
Rota ce cry lamentable. 
Ha paoure nez tu t'en vas. 
Et ie demeure yci bas ! 

Nez né seulement pour boire, 

h.iiii. 



u 



120 



SATYRE 



. , mon honneur, & ma gloire: 
Nea qui peux entièrement 
D'vn seul regard seulement 
(Car notez, le bon hommeau 
Auec son rouge museau. 
Seul d'entre les hommes fïes7\ 
Ne regardoit que du nez.) ^ 
Tout l'vniuers altérer. 
Las ! te faut-il enterrer. 
Et qu'eau bénite te laue 
Prinse ailleurs que dans ma caue ! 
Nez, seul vray nez beuuatif, 
Nez d'vn teinct alteratif, 
Nez dont mesmes la roupie 
Pissoit vin de goudepie. 
Nez gourmet de mes désirs, 
Alambic de mes plaisirs, 
Nez par qui fut annoncé 
li'aigre, l'esuent, le poussé, 
Suce-vin, vuy de-bouteille: 
Nez, nez ma rose vermeille. 
Adieu nez qui vas en ten«, 
Auecques lequel s'enterre 

L'espoir que i'auois iadis 
)e ce mien bas paradis. 



He- 



SEPTIEME. 

Helas ! au moins i'esperois 
Qu'auec moy tu partirois. 
Et qu'après nostre viuant, 
Mourrions ensemble en beuuant. 
Nez, vray nez de Cardinal, 
Mes heures, mon doctrinal, 
Miroir de la Sorhonique, 
Qui ne fus onc hérétique, 
Yray suppost de nostre église. 
Digne qu'on te canonise: 
Mon rebec, ma cornemuse. 
Duquel la ronflante muse 
De blanc & cleret enflée 
Eust peu tout d'vne soufflée 
Calliope k ses enfans, 
lusques aux plus triomphans, 
Voire toutieur Hellicon 
Desfier a beau flascon. 
Voire leur double Parnasse 
Desfier a belle tasse. 
Helas ! flascons (& barils, 
Chàte-pleures k durils, 
Il s'en va mourir ce nez 
Qui vous a tant pourmenez. 
Nez defuncts ie vous adiure, 



414 



J- 



[.. 



132 



SATYRE 



le vous prie & vous coniure 
Par flascons, & gobelets, 
Par tous frians morcelets, 
Ceruellats, pastez, espices, 
Pieds^ andouilles, & saussisses, 
Honneur de nos cheminées. 
Par iainbons, & eschinees, 
Bœuf sallat, & hastlueaux, 
Pipes,! poinssons, & tonneaux, 
(Et notez. grand pitié ! 
immortelle amitié ! 
Qu'en chantant tout ce beau roUe, 
Entrecoupant sa parole. 
Le bon prend' homme pressé 
De son nez intéressé. 
Autant qu'il poulsa de mots. 
Autant souspira de rots.) 
Or doncques, nez, dit-il lors, 
Paoures nez qui estes morts, 
Faites a mon nez l'honneur 
Qui affiert a tel. seigneur. 
Mais o mon nez qui t'en vas, 
Estant ainsi mort helas ! 
A queil maistre seras-tu 
Conuënable a ta vertu ? 






Si 



r 



SEPTIEME. 

Si tu as encor enuie 
Dé me plaire après ta vie, 
Va droict entre les camus 
Choisir feu De cornibus. 
Car lors (o grand desplaisir !) 
Que la mort le veint saisir, 
Le bon homme (scay-ie bien) 
Auoit ia perdu le sien. 
Au moins i'auray ce confort. 
Que seras après ta mort 
Le nez d'vn autant preud'homme, 
Que fut onc pape de Romme. 
Sur ce L'yurongne se teut, 
Et le paoure nez luy cheut, 
Qu'il ramassa doucement. 
Puis, pour son contentement. 
Ordonna tresbien <t beau 
Qu'il feust mis en ce tombeau, 
Bien proprement enchâssé 
Dedans vn verre cassé. 
Puis, pour mémoire éternelle 
De son nez & de son zèle, 
Luy graua ceste epita^he, 
Qui'l signa de son paraphe: 



1 



193 



PRIKZ 
POVR 



de la 



124 

CI GISiT ËNCHiSSE EN VERRE 
LE ff.V NEZ DE MAISTRE PIERRE. 
O VOVS Q\I PASSEZ 



TOVS LES NEZ T R E S P A S S E Z. = 

SATYRE VIU, 

C o ik T E N A IN r L K T R V B L E 



fesle 




INSl disputoyét 

vis a vis 
Nos maistres, quàd 

sur ce deuis 
Voyci venir vne per 
sonne 

Qui dîeux nullement ne s'estonne: 
Et d'autant qu'auoit escouté 
Tout Ce qu'ils auoyêt disputé, 
caphars Q\en Veiiu qui céans apporte, 

mrpril ' 

a la des- Entions, dit-il, vovci la poitc 

5/<>.L7m t^es ennemis de vérité. 

*rm>. Quoy? Est-ce ci l'intégrité 

Des anciens ? Quelle cauerne 
De larrons ! o quelle tauerne 
• De tout erreur! rostisseurs 
Entendez, tenez-vous ass^urs 
Que d'autant que vos vtensiles 



Ne 



H V 1 T I E M E. 



\' 



125 



Ne permettez par saincts Conciles 
Estre remuez, nous voyci 
Pour cela. _ En parlant ainsi, 

Courageux, preux, vaillans Ministres, 
Approchent paniers k canistres, 
Rompent les plats, escuelles percent. 
Cela fait, es conduits renuersent 
Vin, pain, viandes, vilenies. 
Puis au milieu des félonies 
Des maistres principaux commis, 
Ils ont sur tables des mets mis 
Diuinement délicieux, j 
Lors la Dame aux yeux chassieux. 
Dit, haro ! voire dea. Prophètes 
Qui les beaux seruices desfaictes 
De mes domestiques vicaires, 
N'auez-vous nuls autres affaires 
Que de ma cuisine gaster? 
Du moins deuiez auant gouster. 
Sans faire bruit, mes douces sausses. 
Cependant vos receptes fausses 
Sentent le feu. Vous mes supposts, 
Voulez-vous perdre vos repos ? 
Brusiez. Supposts de s'effrayer, 
Et petits, k g^ans de crier. 



tes iVi'nt 

stres de ii 
ritelrou- 
blent la 
fesle. 



Ignorâcr, 



I 

I 



J 



136 



s A T Y fi E 



A l'arnip, a l'arme, & a l'effroy. 
Voyci le gras gros danip Geofroy 
A la grand dent, picquesausisse: 
Damp Finet, happe-benefice: 
Damp Guillot, surnômé l'yurongne. 
D. qui tousiours boit, s'il ne groigne: 
D. qui tièt tousiours ses maïs nettes, 
Pour bien crocheter les beuretes: 
Damp yedel sans discrétions, 
Qui mange les oblations: 
Damp Fripesausse, qui se bande 
A deuorer toute prébende: 
Damp loyeux preud'hôs honorable 
Qui mangeroit treiteaux k table: 
Damp Tirelardon l'aualeur: 
Damp Phagon, Phagon l'engouleur: 
Frères Philoxene, & Gnathon, 
Cestuy chat, k l'autre chaton: 
Qui en to^ plats ordoux, se mouchêt. 
Afin qiie les autres ni touchent: 
Frère qui mange a s'estrangler, 
Bonosel qu'il conuient sangler: 
Damp qui tousiours rinsse le bec. 
Le pei^e gardien gros bec; 

Père custos, père pillard, 

Père 



••% 



H V I ï 1 E M E. 



Père boursier le saoul de lard. 
Le confesseur hume-brouët, 
Le visiteur trousse-fouët : 
Le sot Sousprieur, saoul-de creux : 
Monsieur le chambrier songe-creux. 
Monsieur le Gellerier Trinquet, 
Monsieur le panetier Croquet, 
Monsieur l'aumosnier tastepoire. 
Le Secretain verse-ma boire. 
Le Thresorier, tous sont contenaf 
Le liseur, Compère Bon temps 
Monsieur le Doyen Nil-valet, 
Monsieur le Preuost, fin valet. 
Le chantre. Tout-est despendu. 
Le grand Choriste, Pain-perdu, 
Lacquais, auant-marcheurs, nouices 
Lesche-plat, auec Trinque-pot, 
Guette-pain, auec Lesche-rost, 
Le pouacre Monsieur l'Abbe 
De tout le monde gabbé, 
Tant il est fat, k ridicule 
Auecques son aqualicule, 
Vuide-grenier, le Souffragan, 
L'Oflîcialis souffl'-en gan. 
Monsieur l'Euesque serre-en l'arche, 



427 



- 



128 

Saoul-d'ouurer, le grand Patriarche. 
Tous, di-ie, oublians le manger 
PoU vn temps, se veinrent ranger 
Pour frapper d'estoc & de taille. 
Lourdaux demandent la bataille, 
Si qu'après des soupes les charmes 
Glkacun accourut a ses armes, 
En confusion pesle mesle: 
Les vns espez comme la gresle 
Empoignent (o fortes Canailles !) 
Pales, fourgons, broches, tenailles, 
L^chefrois, chandeliers, aiguières: 
Lès autres landiers 6c chaudières, 
Chauderons, pots, plats, à escuelles. 
Bassins, cocquemars, à coquelles. 
Yoyla la guerre aux cuisiniers, 
'Pour garder cuisine à greniers. 
^oy cependant de nie caler: 

ar que sert prescher, & parler 
i, ventre qui n'ha point d'aureille ? 
iir!" D'ailleurs, ce nest poît de merueille, 
Si i'ay fuy la bastonnade. 
Mais non obstant ceste sonade 
l'espère que verray le iour 
(Qu'ils pleureront a mon retour. 



L'authcii 
se sauuc 
de la ha - 
taille iii: 






129 



ESC RITE A V SVR LA C V I- 

sine Papale- 

Ceste cuisine, à coquina, 
Proprement se nomme COQ VI NE : 
Car rien que paillards coquins n'ha, 
Auec lesquels elle coquine . 



A MESSIEVKS PASSE-VENT, 

&; ['asse-par-tout 

Passe-uent, cV: Passe-par-tout 
Vont en cuisine l'entrepas: 
Puis allans, venans tous debout. 
N'ont que la soupe pour repas. 
Or Badins, n'entendez-vous pas 
Que de passer vous presse l'heure ? 
Passez mensonges a grans pas.^ 
La vérité tousiours demeure. 



l^' 



>. 



J 



130 



/ 



A V X C V l S 1 N I E U S. 

De i:es Cuisiniers le grand heur, 
De ces Maistres l'aulhorite, 
Le bon visage, la longueur 
De ces banquets, l'amenite 
De pe lieu, la fécondité 
De la table, k l'ordre des mets, 
Tout cela pour commodité 
De viure gras, est a gre. Mais! 



A V X K S 1 1 S S E V R S. 
le cognoy, Cagots, que mes liures 
Vous sont fascheusement nouueaux. 
BrUslez, si en serez deliures 
Pour vous en seruir de naueaux. 
Mais scauez-vo'' q c'est. Gros veaux, 
Fuyez le feu qui s'en fera: 
Cat la fumée en vos cerneaux 
Seulement vous estouffera. 



131 

DE LA DEFENSE DE LIRE LA SAIN- 

cte Kscrilure. 

Nos grans docteurs au chérubin visage 
Ont défendu qu'homme n'ait plus a voir 
La saincte Bible en vulgaire langage 
Dont vn chacun peut cognoissanceauoir. 

Car, disent-ils, désir de tant scauoir 
N'engendre rien qu'erreur,peine<t souci. 

Arguo sic, S'il est doncques ainsi 
Que pour l'abus il faille oster ce liure. 
Il est tout clair qu'on leur deuoit aussi 
Oster le vin,dont chacun d'eux s'enyure. 

EIMTAPIIE DE MESSIRE PIERRE 

l.isel, preux i: vaillanl champion. 

Hercules desconftt iadis 
Serpens, geans, & autres bestes. 
Roland, Oliuier, Amadis 
Feirent voler lances k testes. 

Mais, n'en desplaise a leurs conquestes, 
Liset, tout sot & ignorant, 
A plus faict que le demourant 
Des preux de nation quelconques. 
Car il feit mourir en mourant 
La plus grand' beste qui fut oncques. 

F I N. 



■. -4 



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.-À 



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Réimpression l'aile à Genève 

pour M. Gustave Reviiiiod 

par Jules-Guillaume Fick 

M D CGC LVII. 



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